Climategate enterré? Pas si vite…

Les applaudissements n’ont pas manqués à la parution des trois rapports anglais sur ce que l’on appelle le Climategate, c’est-à-dire un ensemble de mails entre climatologues du Climatic Research Unit de l’Université d’East Anglia piratés et livrés au public en novembre 2009, semblant indiquer d’étranges manipulations de données visant à défendre la thèse officielle du dérèglement climatique d’origine humaine.  Le rapport de Muir Russel, par exemple, dit en effet que la rigueur et l’honnêteté des scientifiques concernés (notamment le directeur du CRU Phil Jones) ne peut être mise en cause.

La presse a immédiatement conclu à la réhabilitation de ces scientifiques, à la fin de l’affaire et à une magistrale baffe pour les « climatosceptiques » souvent appelés « négationnistes », classique amalgame pour évacuer le débat par le bas (un négationniste ayant tort, par définition).

Ce même rapport, néanmoins, dit un certain nombre d’autres  choses tout aussi révélatrices aussi bien au niveau de l’objet d’étude (le climategate) que sur la méthode du rapport lui-même.

Sur l’objet: le rapport indique clairement que le CRU fut « misleading » – trompeur – dans sa façon de présenter le fameux « hockey stick » de températures, qui est une représentation statistique contestée d’un nuage complexe de données.

Ci-dessous les versions « avant » et « après » du hockey stick:

The hockey stick: The original and later versions. Temperature reconstructions of the past 1000 years

Le premier à faire cette remarque fut le mathématicien indépendants Stephen McIntyre, mais ceci n’est pas l’objet de ce billet. Muir Russel dit aussi dans son rapport que les scientifiques interrogés étant peu collaboratifs et défensifs, et se montraient systématiquement incapables d’ouverture suffisante. Ce qui ne signifie pas qu’il y ait volonté de fraude bien sur, mais une telle fermeture de la part de scientifiques supposés travailler sur l’avenir de l’humanité est à mon avis plutôt inquiétante. D’ailleurs une des premières mesures prises par l’Université d’East Anglia suite au rapport fut de supprimer l’échelon de direction du CRU (tenu par Phil Jones), et donner à ce dernier le « simple » poste de directeur de recherche.

Mais il y a nettement plus inquiétant, au niveau de la méthodologie: aucun des trois rapports ne se penche sur la qualité de la science elle-même, ils se cantonnent aux procédures. Or c’est bien un problème de science. Comme le dit le New Scientist (qui est tout sauf un journal climatosceptique) dans son article du 14 juillet, ni l’étude de Ron Oxburg (pour le parlement Britannique) ni Muir Russel ne se sont penchés sur les aspects scientifiques sous-jacent au climategate. Le NS pose la question qui fâche: comment, sans mettre les mains dans le cambouis du réel travail scientifique, peut-on « tell whether they (les scientifiques concernés) were misusing their power as peer reviewers to reject papers critical of their own research, or keep sceptical research out of reports for the Intergovernmental Panel on Climate Change? »

Autre surprise: les mails piratés ne furent pas analysés. Seuls 5 échanges, sur des dizaines de milliers, furent pris en compte. Aucune enquête ne fut non plus menée pour savoir si des mails pertinent auraient été détruits par les chercheurs.

Toujours selon le NS, tout ceci rend difficile l’acceptation des conclusions de Muir Russell sur la rigueur et l’honnêteté de ces scientifiques.  Le NS trouve tout aussi difficile de justifier la conclusion d’Edward Action, Vice-Chancellier de l’Université d’East Anglia, que le CRU est totalement exonéré.

L’article se conclu sur cette phrase: Sans sincérité, la confiance du public dans la science climatique ne pourra être récupérée, et ne devrait pas l’être.

Without candour, public trust in climate science cannot be restored, nor should it be.

Pour ma part, critique des conclusions du GIEC sur la cause humaine du réchauffement climatique depuis bien avant le climategate, tout ceci renforce mon impression d’un forçage  de l’opinion par une espèce de « clergé » politico-scientifique attaché à un dogme qu’il défendra de toutes les manières possibles. Pourquoi ce dogme-là? Parce qu’il fait peur, qu’il nous culpabilise et donc donne du pouvoir à ceux qui nous pointent du doigt, pouvoir qu’ils n’auraient pas si le dérèglement en question était de cause naturelle.

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