Preuves d’un monde ancien?

Origins_of_Civilization_at_Gobekli_Tepe_with_Graham_Hancock_Andrew_Collins_and_Hugh_Newman__155234Voici 20 ans un journaliste anglais du nom de Graham Hancock publiait un livre intitulé « Fingerprints of the Gods« . Une amie me l’avait offert et, une fois commencé, je n’étais plus là pour personne avant de l’avoir terminé! Pour qui sait garder un minimum d’esprit ouvert le livre est passionnant, une course folle à travers le temps à la recherche d’indices archéologiques et testamentaires construisant une Histoire alternative de l’évolution des civilisations humaines. Et dont la suite, « Magicians of the Gods« , vient de paraître.

Graham Hancock est considéré comme un charlatan par les historiens « officiels », à peine plus évolué qu’un certain Erich von Daniken et son best-seller de 1969 « Chariots of the Gods », ou « Présence des extra-terrestres » en version française. Von Daniken prétendait, en gros, que certains événements d’aspect surnaturel décrits par les textes anciens, et notamment la Bible, font en fait référence à des contacts E.T.

L’enquête initiale de Hancock est nettement plus poussée, et sa conclusion est que voici environ 12 500 ans la Terre connaissant au moins une civilisation très avancée, qui fut détruite au moment du Déluge mais qui eut néanmoins le temps d’essaimer sa culture et ses connaissances scientifiques de par le monde, de l’Egypte ancienne à l’Amérique Latine en passant par l’Inde et l’Asie. Cette civilisation, vous l’aurez deviné, avait pour origine les fameuses terres situées au-delà des colonnes d’Hercule, aujourd’hui immergées sous les eaux de l’Atlantique par un cataclysme: l’Atlantide.

Les « preuves » apportées par Hancock, de cette intelligence influant des peuples au stade néolithique et à l’origine, notamment, de l’édification des pyramides d’Egypte et du Sphinx (1), sont évidement rejetées par l’archéologie académique mais, depuis la parution du livre en 1996, deux éléments importants – même si généralement inconnus du grand public – sont venus apporter quelque eau au moulin de cette histoire alternative.

Voici 13 000 ans, à la fin du Pléistocène, l’Amérique du Nord perdit la quasi totalité de sa mégafaune: mastodontes, tigres aux dents de sabre et autres ours préhistoriques disparurent sans raison évidente. Deux présumés coupables étaient le changement climatique (déjà!) et l’impact avec une comète. Mais en août 2014 une nouvelle étude publié dans le Journal of Geology (2) présentait une remarquable découverte: la présence d’une couche de nanodiamants sur les trois continents, signe d’un impact cosmique voici environ 12 800 ans. Impact qui aurait en même temps induit la disparition de cette faune, et lancé le processus de refroidissement du climat dit Dryas Récent, une brève période glaciaire au sein d’un processus de réchauffement long. Cet épisode est daté de 12 700 à 11 700 ans.

A l’heure actuelle, la seule autre époque connue également riche en nanodiamants date de 65 millions d’années, période fameuse pour la disparition des dinosaures. Ces nanodiamants résultent de l’impact du corps céleste avec la Terre. Il est aujourd’hui possible de créer ces nanodiamants en laboratoire et peut-être par certains processus géologiques mais, voici 12 800 ans, une couche de 50 millions de km carrés couvrant l’ensemble de l’hémisphère Nord est apparue, coïncidant avec le début de cette période du Dryas récent. Ce fut donc un événement majeur. Selon James Kennett, un des auteurs de l’étude, la distribution et le riche assemblage de nanodiamants ainsi découverts ne peuvent provenir que d’un impact.

Ainsi donc, un cataclysme touchant principalement l’hémisphère Nord aurait eu lieu voici 12 800 ans. On imagine, à peine, la capacité de destruction d’un astéroïde ou d’une comète se fracassant quelque part ente l’Europe et l’Amérique du Nord, modifiant le climat pendant 1000 ans. Pour Hancock, cette découverte tout à fait officielle colle parfaitement avec la légende de la destruction de l’Atlantide, qui ne serait alors plus tout à fait une légende.

Reste à démontrer qu’il était possible qu’une civilisation avancée puisse exister à la fin du Paléolithique, quelques millénaires encore avant l’avènement du Néolithique que la préhistoire officielle fait démarrer voici 11 000 ans. Le Paléolithique, c’est le temps des chasseurs-cueilleurs, pas des bâtisseurs de temples. D’où le deuxième élément de preuve avancé par Hancock: Göbekli Tepe.

Situé aux confins de la Turquie et de la Syrie, il s’agit d’un sanctuaire monumental dont la partie la plus ancienne date de 12 000 ans, composé (pour ce que l’on en sait, la majeure partie restant encore à découvrir) de cercles de gros pilier de calcaires de 10 tonnes et de dizaines de pierres en forme de T de 3m de haut. 40 pierres ont été découvertes, mais les chercheurs estiment qu’il en reste 250 enfouies sous terre… Deux mille ans après sa construction, qui a du prendre des siècles et mobiliser des ressources immenses pour un peuple ne connaissant ni l’élevage ni l’agriculture, le site fut volontairement recouvert et enfouis sous terre.GT-Tstone

L’explication académique est que tout cela fut fait pour des raisons religieuses (c’est pratique la religion, cela permet de justifier tout ce que l’on ne comprend pas). Il existe aussi une théorie faisant de ce site le point de basculement vers l’agriculture. Pour Graham Hancock par contre, ce site érigé 7000 ans avant les pyramides d’Egypte et 6500 ans avec Stonehenge, est la démonstration non seulement d’une capacité technique dépassant largement celle des ces supposées peuplades primitives, mais également d’une parenté avec d’autres sites de part le monde qu’il a visité et photographié sous toutes les coutures. Pour lui le site est clairement de nature astronomique, tel Stonehenge. Ci-dessous une vidéo tournée par Hancock sur le site de Göbekli Tepe:

Résumons: un cataclysme majeur voici 12 800 ans ayant détruit une civilisation avancée qui auraient néanmoins eu le temps d’essaimer certaines connaissances avant de disparaître sous les flots. Une construction complexe impliquant l’extraction, le transport, le façonnage et la mise en place de milliers de tonnes de pierre. Construction a vocation astronomique qui apparaît juste après ledit cataclysme, supposément réalisée par des humains équipés d’outils de bois et de pierre. Puis enfouie sous une colline artificielle de 15 m de haut et de 300 m de diamètre. C’est vrai qu’à l’époque on avait le temps.

Pour les tenants d’une Histoire moins linéaire, Göbekli Tepe indiquerait l’existence d’une civilisation plus avancée que le « modèle standard » ne le permet, site témoin d’un monde ancien détruit par un événement cosmique, lui-même symbolisé par un observatoire astronomique apte à défier le temps. Si Göbekli Tepe a un message important à nous révéler, il nous reste à espérer que le site ne subira pas le même sort que Palmyre.

« Göbekli Tepe, Urfa » par Teomancimit — Travail personnel. Sous licence CC BY-SA 3.0 via Wikimedia Commons - https://commons.wikimedia.org/wiki/File:G%C3%B6bekli_Tepe,_Urfa.jpg#/media/File:G%C3%B6bekli_Tepe,_Urfa.jpg

« Göbekli Tepe, Urfa » par Teomancimit — Travail personnel. Sous licence CC BY-SA 3.0 via Wikimedia Commons – https://commons.wikimedia.org/wiki/File:G%C3%B6bekli_Tepe,_Urfa.jpg#/media/File:G%C3%B6bekli_Tepe,_Urfa.jpg

Notes:

(1) Que marquent réellement les pyramides et le Sphinx de Gizeh?

(2) http://www.iflscience.com/environment/13000-year-old-nanodiamonds-found-three-continents

Sur Göbekli Tepe: http://www.smithsonianmag.com/history/gobekli-tepe-the-worlds-first-temple-83613665/?page=1

One thought on “Preuves d’un monde ancien?

  1. Gaujé

    Bonsoir,
    Vous allez me trouver gonflant avec mon vieux bouquin…
    dans les derniers jours, il viendra des moqueurs avec leurs railleries, marchant selon leurs propres convoitises, et disant : Où est la promesse de son avènement ? Car, depuis que les pères sont morts, tout demeure comme dès le commencement de la création. Ils veulent ignorer, en effet, que des cieux existèrent autrefois par la parole de Dieu, de même qu’une terre tirée de l’eau et formée au moyen de l’eau, et que par ces choses le monde d’alors périt, submergé par l’eau, tandis que, par la même parole, les cieux et la terre d’à présent sont gardés et réservés pour le feu, pour le jour du jugement et de la ruine des hommes impies.
    Deuxième lettre de Pierre, chapitre 3.

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