Intelligence artificielle et exoplanètes.

Ce jeudi la NASA organisait une conférence pour présenter les résultats d’une recherche d’exoplanètes à l’aide de l’intelligence artificielle (IA). IA dans le sens d’un système similaire à AlphaZero, de DeepMind / Google,  précédemment présenté sur ce blog (1), un système neuronal capable d’apprendre. En l’occurrence l’objectif de l’IA n’était pas de gagner des parties de Go mais de trouver, dans les montagnes de données générées par la mission Kepler, des signaux faibles indiquant la présence d’exoplanètes. 

Une exoplanète est une planète tournant autour d’une étoile autre que le Soleil. Avant 2009 et le lancement du télescope spatial Kepler, les astronomes avaient identifiés un peu plus de 300 exoplanètes, toutes relativement grosses – de la taille de Jupiter. Aujourd’hui, grâce essentiellement à Kepler, les astronomes en ont répertoriés plus de 3 500, de toutes tailles. Dans la majorité des cas, plus de 2 000, ces planètes sont seules à tourner autour de leur soleil – du moins, on en a pas (encore) vu d’autres. Mais on a identifié 386 systèmes à 2 planètes, 129 systèmes à 3 planètes, 49 systèmes avec 4 planètes, 19 avec 5 planètes, 6 avec 6, un seul système avec 7 planètes – le système TRAPPIST, mon préféré – et 2 systèmes avec 8 planètes – le nôtre et Kepler-90.

Dans le cadre de Kepler-90, à 2 500 années-lumière d’ici, jusqu’à présent le système comptait 7 planètes répertoriées. Une équipe de la NASA a alors mis en place une expérience à base d’une IA développée par Google pour rechercher les fines traces de modification de lumière provenant de l’étoile Kepler-90, pouvant signaler un passage de planète entre l’étoile et nous. Les astronomes estiment que, dans le volume de données renvoyées par Kepler au cours de sa mission, il y a un potentiel de 30 000 exoplanètes à découvrir au sein des 150 000 systèmes identifiés par la mission. Impossible à traiter par des humains dans un temps acceptable, d’où l’IA.

De fait, l’IA a appris a détecter ces signaux faibles dans la montagne de données et a permis la découverte de la huitième planète du système Kepler, baptisée Kepler-90i. C’est une planète rocheuse comme la Terre, mais toute ressemblance s’arrête là. Kepler-90i est très proche de son étoile (comme Mercure par rapport au Soleil) mais tourne autour en 14 jours (contre 88 pour Mercure). Sa température de surface est de plusieurs centaines de degrés C. Vivre là doit être comme dans un carrousel de foire foraine, assis sur un brasero avec un chalumeau en guise de sèche-cheveux.

L’IA ne s’est pas arrêtée en si bon chemin et a identifié une autre planète dans un autre système, Kepler-80, baptisée Kepler-80g. Le tableau de chasse d’exoplanètes de la mission Kepler va très certainement encore sérieusement s’allonger. Combien y a t’il de planètes habitables dans notre galaxie? Selon les sources de l’article publié ici en 2015 « 100 milliards de planètes, et nous et nous et nous? » (2), il y en aurait… et  bien 100 milliards.

Qu’aucune ne puisse supporter une forme de vie paraît plus qu’improbable, d’autant que le potentiel pour une vie extra-terrestre dans notre propre système semble de plus en plus important. Mars peut-être, mais encore plus probablement dans les océans liquides de la lune Europa. Une mission est à l’étude, pour les années 2020, sur base d’une sonde Europa Clipper qui irait observer de près cette lune de Jupiter afin d’y trouver d’éventuelles traces de vie (3).

En attendant, l’IA de la NASA va se spécialiser de plus en plus dans la détection d’exoplanètes et se retrouvera embarquée un jour ou l’autre dans une mission interplanétaire. Si on me demande mon avis pour le nom de la mission, je proposerai Hal.

 

Notes:

(1) https://zerhubarbeblog.net/2017/10/19/alphago-zero-le-futur-en-jeu/

(2) https://zerhubarbeblog.net/2015/02/12/100-milliards-de-planetes-et-nous-et-nous-et-nous/

(3) https://www.jpl.nasa.gov/missions/europa-clipper/

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