Une théorie tempéramentale de l’attraction.

Rien à voir avec la gravité même si le sujet est parfois grave, rien à voir avec l’espace-temps même si ça peut prendre du temps et nécessite un certain espace. Un marronnier des mois de février, la Saint-Valentin, et ses marrons marrants sur le pourquoi un.e tel.le aime un.e tel.le. Mais comme il y a des gens qui essayent d’étudier ces questions sérieusement, il n’y a pas de mal à rester informer d’autant que nous sommes tous, à un moment ou l’autre, concernés.

A la question du pourquoi l’on se sent attiré vers une personne en particulier dans un groupe de personnes, il existe certaines réponses souvent vérifiées mais néanmoins insuffisantes pour apporter une réelle compréhension. Parmi ces réponses classiques: une certaine similitude de statut, de culture, d’attractivité physique, de valeurs. Mais même face à une foule de personnes partageant tous ces critères, un tout petit nombre voire une seule (voire aucune) sortira du lot. Pourquoi? On parle parfois des phéromones et des systèmes immunitaires, mais s’ils ont un effet il faut déjà une certaine proximité physique et un environnement par trop saturé. Pourtant il arrive que l’on « flashe » sur quelqu’un sans l’avoir approché.e de près, entrevu.e à travers une pièce pleine de monde.

Il y a alors l’argument de la personnalité. Des indices de notre personnalité transparaissent immédiatement: notre attitude, notre « manière d’être » à l’instant t sont enregistrées dès le premier regard, c’est ce sentiment bien connu de la première impression. Mais qu’est ce qui peut faire que nous ayons, envers certaines personnes, une première impression toute particulière nous poussant sur la pente amoureuse, avant même toute réelle connaissance de cette personne?

Selon une chercheuse spécialisée en neurosciences, Helen Fisher de l’Université Rutgers du New Jersey (USA), tout tournerait autour du concept de « tempérament », cet élément de notre personnalité qui reste avec nous tout au long de notre vie. Ce tempérament serait le fruit de nos structures neurochimiques, et il y en aurait quatre types majeurs: l’explorateur, le directeur, le bâtisseur et le négociateur, chacun associé à une structure neurochimique dominante. Selon Fisher nous avons tous des éléments de ces quatre types, mais l’un (parfois deux), sont dominants et définissent notre tempérament. Elle définit ces types ainsi (le masculin faisant ici référence au type de tempérament et non pas au sexe de la personne concernée, ces types valant autant pour les hommes que les femmes).

L’explorateur – forte activité des systèmes associés à la dopamine et la noradrénaline. Une personnalité ayant tendance à prendre des risques, à rechercher la nouveauté, impulsive, énergétique, optimiste, enthousiaste et curieuse.

Le directeur – taux élevé de testostérone, ayant tendance être systématique, dominant et inflexible. Intellectuel et capable de grande concentration, mais peu sociable.

Le bâtisseur – forte activité dans le système associé à la sérotonine. Un type sociable mais conventionnel, prudent et méticuleux, souvent associé à un statut social élevé.

Le négociateur – forte activité des systèmes associés aux œstrogènes et ocytocines. Type plutôt imaginatif, empathique et égalitaire, sociable, articulé et capable d’une vue d’ensemble.

Fisher et son équipe ont ensuite établi un questionnaire permettant de déterminer ces différents types, et ils purent soumettre ce questionnaire à 28 000 personnes via le site de rencontre chemistry.com. Les membres de ce site furent invités à y répondre, et les chercheurs purent ensuite suivre les sélections qui s’établissaient entre les gens associés à ces quatre types de personnalités.

Le résultat est que, de manière générale, les explorateurs sélectionnent d’autres explorateurs, les directeurs d’autres directeurs, mais les bâtisseurs sélectionnent plutôt des négociateurs et vice-versa.

Pour Fisher il existerait bien un fondement neurochimique à notre tempérament et à notre attraction envers d’autres tempéraments. Elle estime que si ce modèle semble fonctionner au moment de la rencontre, il est plausible qu’il affecte également la relation à long terme mais il n’existe pas encore d’études empiriques le démontrant.

Si vous comprenez l’anglais, un test de tempérament est disponible sur cette page: https://theanatomyoflove.com/relationship-quizzes/helen-fishers-personality-test/ . A priori, selon ce test, je me situe entre négociateur et explorateur, avec un doigt de directeur et pas grand chose de bâtisseur.

Finalement un TED de Helen Fisher sur le thème « Pourquoi la technologie n’a pas changé l’amour ».

https://embed.ted.com/talks/lang/en/helen_fisher_technology_hasn_t_changed_love_here_s_why