Vaccination anti-HPV et odeurs d’œuf pourri.

La critique du dogme pharmaco-industriel de la nécessaire vaccination de toutes les jeunes filles – et même de tous les jeunes garçons, tant qu’à faire – contre le papillomavirus (ou HPV ci-après) date, sur ce blog, de précisément dix ans et a ses racines dans un article du blog spécialisé Pharmacritique, datant du 18 décembre 2008 intitulé « Gardasil et Cervarix : Astra Zeneca et la Fondation Nobel soupçonnées de corruption et conflits d’intérêts dans l’attribution du prix Nobel à Harald zur Hausen » (1).

C’est une histoire complexe mettant en scène les liens financiers entre la fondation Nobel, le centre allemand de recherche sur le cancer, la firme pharmaceutique AstraZeneca et les producteurs des deux vaccins Gardasil et Cervarix, le premier étant notamment fabriqué par Sanofi Pasteur MSD. Ces vaccins ayant mal commencé leur carrière commerciale et très attaqués à l’époque outre-Rhin, il fallait frapper fort pour redresser la situation et la nomination de H. zur Hausen au Nobel, pour ses travaux sur le HPV, devait colmater les brèches du navire Gardasil en perdition en Allemagne. Une perte potentielle valant des centaines de millions d’euros  en royalties perdues pour AstraZeneca qui détient certains brevets utilisés par Sanofi & Cie.

On notera que la nomination de H. zur Hausen au Nobel de médecine a lieu la même année que celles de Luc Montagnier et Françoise Barré-Sinoussi pour la découverte du Vih, autre sujet à tiroirs suspects suivi par ce blog depuis autant d’années. Année faste.

Outre le problème des possibles conflits d’intérêts se pose, évidemment, la question du lien entre HPV et cancer cervical d’une part, et réel effet de la vaccination anti-HPV d’autre part. Le débat fait rage depuis longtemps, avec coups et contre-coups au fil des ans. Officiellement la vaccination anti-HPV en France est fortement recommandée par les autorités sanitaires dont on connait l’indépendance vis-à-vis de l’industrie pharmaceutique, situation que l’affaire du Médiator n’a en rien modifié sinon en termes de cosmétique, ce malgré les promesses de transparence d’un certain Xavier Bertrand alors ministre de la Santé (2).

Malgré tout une publicité pro-Gardasil avait été interdite en France en 2010 du fait d’une efficacité insuffisamment démontrée (3). Au même moment l’ONG américaine Judicial Watch faisait état d’une étude de la FDA associant à ce vaccin de nombreux effets secondaires, et mêmes des décès, pour un bénéfice non démontré (4).

Quelques mois plus tard, en octobre 2011, le député socialiste Gérard Bapt, rapporteur de la mission parlementaire sur le Mediator, ouvrait à l’Assemblée nationale un “débat de consensus” concernant la vaccination anti HPV. Ce débat « était organisé par un groupe de médecins, les docteurs de Chazournes, Pèlerin et Spinosa, et une journaliste, Catherine Riva, qui affirment, parmi bien d’autres, que la mise sur le marché de ce vaccin n’est due qu’à des études en partie biaisées. »

Gérard Bapt, lui même ancien lobbyiste, avait invité des « personnalités compétentes » à ce débat mais, selon le site Votresanté qui suivait l’affaire, « Malgré leurs invitations à participer à ce débat qui pourtant les concernait particulièrement, ni le Pr Salamon du Haut Conseil de la santé publique, ni le Pr Floret du Comité technique de vaccination, ni Dominique Marininchi nouveau directeur de l’Afssaps n’ont répondu. Or ce dernier a été placé à son poste afin de changer des méthodes qui ont abouti au scandale du Mediator après bien d’autres catastrophes générées par le laxisme de cette administration. Le ministre Xavier Bertrand, dont la loi de réforme du médicament vient d’être votée, s’était excusé et n’a pas délégué la secrétaire d’État à la Santé Nora Berra pour le représenter, alors qu’elle est tellement douée pour promouvoir les vaccins.’

En 2012 le British Medical Journal publiait un cas où une jeune fille, pubère depuis trois ans, perdait le fonctionnement de ses ovaires suite à a vaccination anti-HPV (5). En 2013 le magasine Le Point relatait que plusieurs familles dont les filles souffraient des conséquences de la vaccination allaient porter plainte (6). Malgré tout l’ANSM (Ex-Afssap) n’a jamais vacillé dans ses décisions pro-vaccination (7), diverses études – dont on connait la très relative fiabilité (8) – ayant « démontré » l’innocuité du vaccin et ses larges bénéfices.

Intermède musical: « Doux bruit de caisse enregistreuse », par l’orchestre pharmacologique de France.

La machine pro-vaccination fonctionne à plein régime et moult articles et études en démontrent les bienfaits, il faut avoir l’oreille près du sol pour détecter les voix dissonantes mais voici que ce même Gérard Bapt, fin novembre 2018, refait surface avec un article dans La Dépêche intitulé « Vaccin contre le papillomavirus et cas de cancer : le cri d’alarme de l’ex-député toulousain Gérard Bapt » (9). Je cite:

Il (Gérard Bapt) vient d’adresser un courrier au directeur général de la santé, au président de l’INCa (Institut national du cancer) et au directeur général de Santé publique pour que soient prises en considération les données issues des registres du cancer de quatre pays ayant massivement vacciné contre le papillomavirus (HPV) depuis une dizaine d’années.

Gérard Bapt dit avoir « récemment été interpellé par deux publications scientifiques alertant sur des données apparues récemment dans les registres du cancer de plusieurs pays ayant procédé à de larges vaccinations anti-HPV, avec des taux dépassant 80% dans les groupes d’âge concernés».

Il y cite un rapport de l’Australian Institute of Health and Welfare qui s’étonne que, avec une couverture vaccinale de 80% de la population ciblée, le taux de cancer invasif du col de l’utérus chez les femmes de 20 à 24 ans a augmenté de 114%, de 36% chez les femmes de 25-29 ans, et de 33% chez les 30-34 ans.

Je cite la suite de l’article: « En Grande Bretagne, l’incidence du cancer invasif du col utérin ne diminue plus depuis 2010, selon lui «et elle a augmenté de 100% dans le groupe d’âge 24-29 ans, cible de la vaccination, selon Cancer Research UK. «En Norvège, l’incidence du cancer invasif du col augmenté de 25% dans le groupe des femmes âgées de 20 à 44 ans, selon Nordcan».

Au même moment en France, où malgré les efforts des lobbyistes la couverture vaccinale reste faible à moins de 20% de la population ciblée, « l’incidence du cancer invasif du col utérin a continué à diminuer passant de 15 pour 100 000 en 1995 à 6 pour 100 000 en 2017, et la mortalité passant de 5 pour 100 000 en 1980 à 1,7 pour 100 000 en 2017« .

A noter que je n’ai pas accès à ces rapports, je présume que La Dépêche en a vérifié l’existence avant publication mais certains commentateurs de la page remettent en question la pertinence des allégations de Gérard Bapt. Personnellement, par manque de compétence et d’accès aux infos de base je ne me prononce pas sur la question de la pertinence du vaccin mais, connaissant le degré de corruption, de conflits d’intérêts et de science biaisée associé au secteur médical j’applique sans hésiter la maxime « dans le doute, abstiens-toi ». D’autant que la récente décision française d’imposer onze vaccins, dont certains avec adjuvants, aux nouveaux-nés démontre le degré de manipulation et de cynisme de ce lobby et ses affidés actuellement aux manettes – voir « Sur-vaccination: le lobby pharma en marche avec Edouard Philippe » (10).

Je doute que cette relance du débat, même si les rapports cités disent effectivement ce qui est dit dans l’article, ne fasse trembler l’establishment pharmaceutique français, européen ou mondial qui a largement démontré sa capacité à créer des besoins artificiels pour ses produits, à prendre le contrôle de la politique médicale de l’Etat et à étouffer toutes les affaires gênantes (11). Situation qui impose de toujours douter de tout ce qui est avancé par cette industrie et par l’Etat qui lui sert de VRP.

 

Notes:

(1) http://pharmacritique.20minutes-blogs.fr/archive/2008/12/18/gardasil-et-cervarix-astra-zeneca-et-la-fondation-nobel-soup.html

(2) https://zerhubarbeblog.net/2012/01/04/gardasil-syndrome-de-lhypocrisie-pharmaco-politique/

(3) http://www.esculape.com/gynecologie/gardasil_pub-interdite-2010-rue89.pdf

(4) http://pharmacritique.20minutes-blogs.fr/archive/2010/12/12/vaccin-gardasil-judicial-watch-expose-les-effets-secondaires.html

(5) https://casereports.bmj.com/content/2012/bcr-2012-006879

(6) https://www.lepoint.fr/sante/gardasil-me-coubris-20-victimes-deposeront-bientot-plainte-24-11-2013-1761368_40.php

(7) https://ansm.sante.fr/Activites/Surveillance-des-medicaments/Medicaments-faisant-l-objet-d-un-plan-de-gestion-des-risques/Medicaments-faisant-l-objet-d-un-Plan-de-Gestion-des-Risques-PGR2/GARDASIL

(8) https://zerhubarbeblog.net/2015/06/29/la-moitie-des-etudes-biomedicales-seraient-fausses-selon-the-lancet/

(9) https://www.ladepeche.fr/article/2018/11/30/2916604-vaccin-contre-papillomavirus-cas-cancer-cri-alarme-ancien-depute-gerard.html?f

(10) https://zerhubarbeblog.net/2017/07/05/sur-vaccination-le-lobby-pharma-en-marche-avec-edouard-philippe/

(11) https://reporterre.net/Les-cinq-methodes-de-l-industrie-pharmaceutique-pour-nous-bourrer-de

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