FRBs, phares inter-galactiques?

FRBs, Fast Radio Bursts, un phénomène initialement observé en 2001 et caractérisé par une émission ultra-brève (quelques millisecondes), ultra-énergétique (entre un jour et un mois de rayonnement solaire), et provenant de très très loin, peut-être depuis l’extérieur de notre propre galaxie.

En 2001 ces FRBs furent découverts par l’analyse d’observations plus anciennes stockées dans les archives des observatoires, mais en 2014 le télescope Parkes situé en Australie observa les premiers FRBs en direct. Pour ces observateurs il devait s’agir d’un événement cataclysmique genre effondrement d’une étoile à neutron. Chaque événement est constitué d’un train d’impulsions avec un certain temps entre la première et la dernière impulsion.

Ce qui est particulier est le fait que le délai entre première et dernière impulsion, pour chaque événement, est toujours un multiple de 187,5 et aucun principe physique connu ne permet d’expliquer une telle régularité.

Source: New Scientist.

Une première explication serait que chaque source est éloignée de nous selon un multiple de 187,5. Une autre – et plus probable – explication serait que la source serait plutôt unique et proche mais que chaque train débuterait sur une haute fréquence et se terminerait sur une plus basse fréquence, le délai étant un multiple de 187,5. Quoi qu’il en soit, la probabilité d’une origine purement naturelle d’une telle régularité n’est pas très élevée, de l’ordre de 1 sur 2 000 (1).

Environ 60 FRBs sont aujourd’hui identifiés, et parmi eux deux semblent se répéter. Le premier, nommé FRB 121102 identifié en 2012, a évidememnt fortement intrigué les chercheurs car un événement cataclysmique étant normalement unique, la répétition d’une même signal doit avoir une autre cause.

Laquelle? Bonne question. Faut-il se poser la question du « qui » plutôt que du « quoi »? Pourquoi pas. D’autant qu’un second FRB à répétition, nommé
FRB 180814 , a été découvert en août 2018 par un observatoire canadien (2) dans le cadre du projet CHIME. Une hypothèse évidente est alors que ces FRBs seraient de sortes de phares inter-galactiques produits par une civilisation E.T. très avancée – a minima de type II selon l’échelle de Kardaschev (3), capable de domestiquer toute la puissance d’une étoile.

Six émissions détectées depuis FRB 180814 entre août et octobre 2018, au moins deux de ces impulsions ayant une structure qui ressemble à celle de FRB 121102 avec le train d’impulsion allant d’une haute fréquence vers une plus basse fréquence. Mais ces fréquences de départ et de fin sont différentes pour les deux sources, un peu comme si ces sources chantaient la même chanson dans deux tonalités différentes.

Le radio-télescope CHIME est en chasse d’autres FRBs, et les chercheurs sont très confiants qu’ils vont en trouver d’autres, sans doute des centaines d’autres. L’hypothèse de phares inter-galactiques créés par des ET capables de domestiquer une telle puissance n’est pas morte, mais c’est quand même une manière compliquée d’envoyer un signal et les études les plus récentes tendent à montrer que ces FRBs sont associés à de très jeunes étoiles situées dans des milieux très denses, type résidu de supernove ou proches de trous noirs supermassifs.

A moins que nous ne soyons finalement que l’équivalent d’un insecte devenu conscient de lui-même, qui se retrouve au milieu d’un carrefour de grande ville et se demande ce que sont toutes ces lumières qui clignotent. Gare alors à ne pas se faire écraser trop vite.

Liens et sources:

(1) https://arxiv.org/abs/1503.05245

(2) https://www.nature.com/articles/s41586-018-0864-x

(3) https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89chelle_de_Kardachev

Origine New Scientist

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