Gestion française du Covid-19 ou le confinement de la pensée.

Suivant à la lettre un modèle Italien de gestion de crise qui mène droit à la catastrophe, fidèle héritier d’une décennie ou deux de gestion irresponsable des services de santé publique, le régime Macron espère s’en sortir par une déclaration de guerre à un virus. Les mots sont importants chez les manipulateurs et les menteurs, malheureusement plus que les maux s’ils ne sont pas les leurs, et nous voici donc placés dans un contexte où l’absurde le dispute à la violence et à la mort.

La guerre, donc. Mais, comme pour toutes les guerres et, surtout, celles de l’ère numérique, c’est d’abord et avant tout une guerre de l’information. Plus précisément, une guerre de la désinformation: fake news, hype, hystérie, postures, informations tronquées, tout y est pour un vaste exercice de propagande visant à cacher ce que le public ne doit pas voir: une continuité d’erreurs, de mensonges, de slogans débiles au service d’une stratégie parfaitement simple.

Un impossible confinement.

Macron & Cie ont fait de graves erreurs depuis deux mois, et n’ont pas les moyens techniques de faire autre chose que de suivre l’Italie sur la route de la catastrophe. Ne pouvant l’assumer, le régime cherche à imposer un impossible confinement à la population, pour ensuite constater l’inefficacité de cette politique, et faire ainsi endosser la responsabilité de la catastrophe à… la population.

Pourquoi un impossible confinement. D’abord, parce que le confinement même parfait doit, selon les recommandations de l’OMS et les expériences passées, être accompagné d’une politique de dépistage de tous les cas suspects, et de l’isolement sanitaire des cas positifs. Ce qui ne se fait pas ici (1).

Ensuite, le confinement parfait à l’échelle de tout un pays est techniquement, matériellement, psychologiquement, économiquement impossible. La Chine l’a fait sur une partie du territoire car elle en a les moyens culturels et policiers, mais nous ne sommes pas en Chine. La Corée du Sud, pourtant « asiatique » donc a priori plus disciplinée que nous, a refusé le confinement car incompatible avec un Etat démocratique, car contre-productif du fait qu’il dresse la population contre l’Etat. Elle a mis en place un important dispositif de dépistage et, aujourd’hui, sort de la crise la tête haute.

Selon l’expert en santé publique suisse Jean-Dominique Michel:

Le confinement général constitue un pauvre pis-aller face à l’épidémie dès lors qu’on manque de tout ce qui permettrait de lutter efficacement contre elle…

Pourquoi en est-on arrivé là ? Simplement parce que nous avons défailli à mettre d’emblée en place les bonnes réponses. Le manque de tests et de mesures de dépistage en particulier est emblématique de ce naufrage : alors que la Corée, Hong-Kong et la Chine en faisaient la priorité absolue, nous avons été d’une passivité invraisemblable à organiser la mise à disposition de quelque chose de techniquement simple.

http://jdmichel.blog.tdg.ch/archive/2020/03/18/covid-19-fin-de-partie-305096.html?fbclid=IwAR2yYZeL3rUa0GyQjpxKZLnGtDHKll3VHMv_FetVmZfDTZUjHUUbJoUNktg

Une escalade criminelle.

Certains irresponsables français prônent aujourd’hui un confinement à la chinoise. Ces gens sont des dangers publics, et nul doute qu’ils bénéficient, eux, de moyens d’y échapper. Ras le bol des bobos parisiens qui filent à la campagne et donnent des leçons de bonne conduite du fond de leurs jolis jardins. Le problème n’est pas quels livres lire, le problème est de sortir du piège affreux que nous tend la corruption d’Etat.

Il suffit de se promener pour constater le niveau d’absurdité de la situation française. Des flics partout, des attestations à la con, des contrôles si l’on se balade avec son conjoint sur une route déserte. Flics qui sont eux-mêmes des vecteurs de contagion, qui regardent passer les « travailleurs légaux », dont nous avons bien évidemment besoin, mais qui sont bien sûr eux aussi des vecteurs de contagion. D’autant que personne n’est équipé de masques, et que la plupart des porteurs ne savent pas qu’ils sont contaminés.

Après cinq jours de ce régime ça commence déjà à grogner sévère, et tout ce que la Macronie peut proposer est un renforcement de ce qui ne sert à rien, ou à pas grand chose faute de dépistage. Comme pour les Gilets jaunes, ce régime cherche l’escalade afin de pouvoir assimiler l’ensemble « indiscipliné » de la population à des « terroristes ». Ceci permet de rendre la population « responsable » du carnage et, ainsi, justifier une emprise totalitaire sur le pays. Hélicoptères, drones, omniprésence policière, abandon de l’Etat de Droit: tout un arsenal qui, tel le dentifrice de son tube, sort facilement mais rentre ensuite difficilement.

J’espère que si ce pays survit à cette « guerre » il y aura un tribunal de Nuremberg pour juger la clique à Macron, et les hiérarchies technocratiques et politiques présentes et passées, qui sont les vraies causes du désastre en cours.

Une analyse anti-panique.

Existe t’il un contre-discours de gens réputés « sérieux » face à cette propagande hystérique et criminelle? Un universitaire américain de Stanford, John Ioannidis, professeur d’épidémiologie et de médecine très connu pour ses travaux sur la valeur des études scientifiques, travaux déjà présentés ici (2), a publié ce 17 mars 2020 un article extrêmement critique de la manière dont est mesuré le risque de mortalité associé au Covid-19 (3). Il questionne la réalité des statistiques issues des dépistages du fait que ces dépistages ont lieu au sein d’échantillons non représentatifs de la population: ceux qui ont des symptômes, ou qui sont effectivement malades.

Prenant l’exemple de la grippe aux USA, sur la saison actuelle un million d’individus ont été testés, dont 20% se sont révélés positifs au virus de la grippe (influenza). Pour la même période, le nombre de personnes touchées par un état grippal se situe entre 36 et 51 millions, et le nombre de décès entre 22 000 et 55 000. Un taux de mortalité statistique de l’ordre de 0,1 %, mais de 20% sur l’échantillon ne comprenant que des gens avec des symptômes de grippe.

Une série d’autopsies furent menées sur 57 personnes âgées décédées de la grippe (du moins, en présentant les symptômes) durant la saison 2016-2017. Le virus de la grippe seul fut détecté dans 18% des cas, alors que tous types de virus respiratoires, dont des coronas « classiques », furent trouvés dans les 57% restants. Dans de nombreux cas, les gens qui décèdent de troubles respiratoires ont plusieurs types de virus, et des bactéries en plus. Un test positif pour un virus ne veut pas dire que le décès lui est directement attribuable.

Dans le cas du Covid-19 donc, le fait qu’il y ait de nombreux décès de personnes présentant un syndrome respiratoire, et testées positives pour ce virus, ne veut pas dire que toutes ces personnes sont effectivement mortes du Covid-19.

Ce problème d’échantillonnage est repris par Jean-Dominique Michel dans son article:

Nous savons aujourd’hui que le Covid-19 est bénin en l’absence de pathologie préexistante. Les plus récentes données en provenance d’Italie confirment que 99% des personnes décédées souffraient d’une à trois pathologies chroniques (hypertension, diabète, maladies cardiovasculaire, cancers, etc.) avec un âge moyen des victimes de 79,5 ans (médiane à 80,5) et très peu de pertes en-dessous de 65 ans.

C’est un classique en épidémiologie : si vous ne dépistez que les morts, vous parviendrez à 100% de taux de mortalité ! Si vous ne testez que les cas critiques, vous en aurez moins mais encore beaucoup plus qu’en réalité. Si vous dépistez beaucoup, vous aurez beaucoup de cas alors que si vous dépistez peu, le nombre de cas sera faible. La cacophonie actuelle ne permet juste pas d’avoir la moindre idée de la progression réelle du virus et de sa diffusion.

Les estimations les plus crédibles laissent penser que le nombre de personnes déclarées est très largement inférieur (dans un facteur allant  selon les meilleures estimations jusqu’à 1/47) au nombre de personnes réellement infectées, dont à peu près la moitié ne se rendra même pas compte qu’elle a contracté le virus.

http://jdmichel.blog.tdg.ch/archive/2020/03/18/covid-19-fin-de-partie-305096.html?fbclid=IwAR2yYZeL3rUa0GyQjpxKZLnGtDHKll3VHMv_FetVmZfDTZUjHUUbJoUNktg

Oui, mais, et tous ces morts et hôpitaux engorgés, tous ces soignants qui ne savent plus où donner de la tête? Tout cela relève de la réalité actuelle! Bien sûr, ce à quoi il répond:

C’est hélas le vrai point noir : s’il n’y avait pas ces cas graves, l’épidémie serait insignifiante. Il se trouve qu’elle entraîne des complications rares mais redoutables. Comme me l’écrivait le Dr Philippe Cottet, en première ligne aux HUG : « il faut le dire, les pneumonies virales sont rarissimes d’habitude en Suisse. Elles ont un tableau clinique fruste et d’évolution parfois fulminante, dont les signes annonciateurs sont difficilement identifiables face aux cas plus bénins. C’est un réel challenge clinique, sans compter le nombre de cas simultanés… »

C’est l’existence de ces cas graves (estimés de manière absurde à 15% des cas, probablement en réalité 10 fois moins) qui justifie que l’on ne s’en remette pas simplement à l’immunité de groupe. On nomme ainsi ce processus par lequel chaque personne qui contracte le virus et n’en meurt pas s’immunise, la multiplication des immunisés conduisant à un effet collectif de protection immunitaire…

http://jdmichel.blog.tdg.ch/archive/2020/03/18/covid-19-fin-de-partie-305096.html?fbclid=IwAR2yYZeL3rUa0GyQjpxKZLnGtDHKll3VHMv_FetVmZfDTZUjHUUbJoUNktg

En Allemagne, Wolfgang Wodarg est un médecin et politicien affilié au SPD. Il était président de l’assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe à l’époque de l’épidémie du H1N1, et avait à l’époque lancé une enquête sur le lobbying des labos pharmaceutiques. J’avais présenté ici ce rapport en juillet 2010 (4), à relire avant d’encenser, dix ans après, une Roselyne Bachelot qui n’était qu’une lobbyiste comme une autre, comme Agnès Buzyn par exemple.

Le Dr Wodarg (5) s’est évidemment penché sur la pandémie du Covid-19, et son avis sur cette vidéo (en allemand sous-titré anglais):

Ces analyses politiquement incorrectes ne sont évidemment pas nécessairement paroles d’évangile, mais mettent en perspective une problématique classique: comment faire la différence entre un nouveau virus tueur capable à lui seul de mettre à terre tous les systèmes de santé de la planète, et un virus tueur pour une toute petite partie de la population (en gros les personnes âgées souffrant par ailleurs de maladies chroniques) mais, vu qu’il n’est mesuré que dans une population présentant des symptômes, et non pas dans la population en général, lève un vent de panique du fait d’une mesure fortement biaisée.

Personne ne dit, bien sûr, que le Covid-19 n’existe pas ou est inoffensif. Les gestes barrières sont nécessaire, tout comme le dépistage et le traitement. Il génère chez certain.e.s – et ce sont eux que l’on voit arriver dans les urgences – des pneumonies virales potentiellement fatales.

Covid-19, arme de destruction de la démocratie.

Ce qui est dit ici est qu’il ne justifie en rien le confinement de toute une population, la disparition de ses droits civiques, un crash économique immédiatement catastrophique pour tous ceux et celles qui doivent travailler pour vivre, mais que tout le monde finira par payer. Sauf les hautes sphères de la politique et de la technocratie, bien sûr.

La seule chose certaine est que, comme d’habitude ou presque, le régime actuel fait tout ce qu’il ne faut pas: gros retard à l’allumage alors que les « experts » voyaient bien ce qu’il se passait en Chine dès janvier, manque absolu de gestion anticipative (masques, protections), un système de santé déjà fortement fragilisé soudainement porté en triomphe (hypocrisie à vomir), refus d’investir dans la fabrication massive de tests de dépistage, et fuite en avant dans une stratégie de confinement qui ne marche pas, ne marchera jamais sauf à utiliser la méthode chinoise. Là on pourrait sans doute freiner l’épidémie, mais au prix de ce qu’il nous restait de démocratie (6).

Liens et sources.

(1)

(2)

(3) https://www.statnews.com/2020/03/17/a-fiasco-in-the-making-as-the-coronavirus-pandemic-takes-hold-we-are-making-decisions-without-reliable-data/

(4)

(5) https://www.wodarg.com/

(6)

A propos Vincent Verschoore

Animateur de Ze Rhubarbe Blog depuis 2008.

22 réponses

  1. Thomas M.

    Mais pourquoi n’ai-je pas découvert votre blog à cette époque-là, ce qui m’aurait permis d’y voir plus clair bien plus tôt ?!

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