Ze Rhubarbe Digest n°4: Coronavirus, Police, Bretagne.

Le Digest précédant date du 8 mars. On parlait de l’affaire Polanski, du coup d’Etat en Arabie saoudite, de l’Afghanistan, de la campagne des élections municipales, de la Bretagne mais pas du Coronavirus. C’était il y a à peine deux semaines, mais c’était une autre époque. Une époque qui paraît bénie, où l’on imaginait pas qu’il faille, comme sous l’Occupation, présenter des laisser-passer à la flicaille à chaque coin de rue, au risque d’amendes sévères voire, désormais, d’emprisonnement pour déambulation illégale répétée.

Coronavirus, confinement, dépistage, traitement.

Ah, le Confinement contre le Covid-19 et, plus généralement, les stratégies de sortie de « guerre », comme dit Macron. Vaste sujet, à prendre dans son contexte de démantèlement des services de santé publique depuis plus de dix ans, et qui fut l’objet de plusieurs articles cette semaine, lien ci-dessous pour le plus récent.. Sujet qui mérite désormais une catégorie à lui seul.

L’argument développé ici, basé sur les recommandations de l’OMS du 16 mars, sur les stratégies qui ont permis à certains pays de s’en sortir, et sur l’observation des stratégies inefficaces qu’utilisent la France, l’Italie et l’Espagne, est qu’il faut avant tout dépister et traiter les cas suspects. Le confinement général de la population n’est pas une solution, mais juste un moyen extrêmement contraignant et onéreux pour ralentir le flux de patients vers un système de santé déjà saturé.

On voit aussi que le premier effet du confinement fut l’exode urbain des parisiens (notamment) vers les campagnes et les côtes, apportant avec eux le virus qui, désormais, fait recette dans des régions précédemment saines

Parmi les nombreux éléments du dossier, celui de la Chloroquine, médicament communément utilisé contre la paludisme et que certains, dont le virologue français Didier Raoult et le service chinois de santé publique, considèrent comme un traitement efficace contre le Coronavirus:

Christian Perrone, Chef du service infectiologique à l’Hôpital Raymond-Poincaré, rage sur BFMTV sur le blocage de la fabrication de la chloroquine pour de mauvaises raisons, ainsi que sur les vols des maigres stocks des hôpitaux. Il dit clairement que les labos pharmaceutiques ne désirent pas produire la chloroquine en masse car elle se vend peu cher, alors que ces labos font la promotion de molécules très chères issues des thérapies anti-VIH. Business is business, surtout en Macronie. Parole salutaire de ce médecin face à la désinformation et à la langue de bois de la communication officielle.

Outre la polémique autour du manque de masques de protection, qui fait que les soignants disposent d’un stock minimum mais pas les autres personnes qui en auraient besoin, soit pour éviter d’infecter autrui (masques chirurgicaux), soit pour éviter de se faire infecter par autrui (masques FFP2), celle des tests de dépistage. Il est acquis, quoi qu’en disent les responsables français, que seul le dépistage massif permet de contrôler l’épidémie, en association bien sûr avec les gestes barrière voire un certain niveau de confinement.

Dépourvu de ces tests sauf pour les cas critiques, donc en en niant l’utilité, le régime français déclarait le 21 qu’il avait enfin décidé, selon les recommandations de l’OMS (qui datent du 15 mars), de fabriquer des kits de dépistage à plus grande échelle, mais qui ne seront utilisés qu’après la période de confinement. Allez comprendre, mais on aura au moins vu Olivier Véran dans ses œuvres de bullshitting où l’on voit comment, selon que cela l’arrange ou non, le gouvernement utilise l’avis des professionnels de la santé comme cache-sexe de sa propre incompétence, ou comme simple donneur d’avis.

Cette série sur l’épidémie de Covid-19 avait débuté sur la question du cygne noir, par définition un événement « disruptif » et inattendu. Pour l’économie, le Coronavirus est clairement un cygne noir. Pour la société, c’est plutôt un signe des temps.

Policier, protecteur ou prédateur?

Le confinement général étant surveillé de près par la police, avec amendes à la clé, l’article sur le livre-révélation d’Alexandre Langlois, « L’Ennemi de l’Intérieur », tombait à pic pour illuminer, si je puis dire, la réalité policière et sa transformation en armée au service du pouvoir et au profit de sa hiérarchie. Langlois y démontre, entre autres horreurs, le racket que constitue « la politique du chiffre », cadre dans lequel s’inscrit certainement la politique d’amendes pour « déplacements illégaux » sous l’état d’urgence sanitaire actuel.

La politique de répression associée à l’état sécuritaire sanitaire, où 100 000 policiers sillonnent le pays et côtoient de près, et sans protection, des dizaines de personnes par jour, est en elle-même un très probable vecteur de contagion. Ce sans doute bien plus que les promeneurs qui se baladent, en respectant les gestes barrières, sur les plages, les berges ou les parcs publics. Sans parler des escarmouches qui se développent dans les fameux « quartiers ». Mais bon, la raison semble avoir été la première victime fatale du Coronavirus. Le profit, lui, est réel: 91 000 infractions (à 135 euros pièce) depuis mardi, sur 1,7 million de contrôle (et, donc, combien de contagions?) Avec quelle proportion en primes pour ces messieurs-dames de la hiérarchie policière?

Il me semble évident que la fuite en avant prévue par le régime, visant à un confinement de plus en plus extrême associé à un racket de la population, va dégénérer. Les gens qui décident de ces choses, qui vivent dans des habitations de luxe avec jardins, qui ont les moyens d’échapper au confinement, n’ont aucune idée de l’enfer qu’ils vont faire vivre à des millions de personnes moins bien loties. Jusqu’où iront les flics je l’ignore, malheureusement l’Histoire montre que la plupart vont jusqu’au bout.

Photographie bretonne.

Sur une note plus légère, quelques souvenirs de ce temps de l’avant-confinement, là où l’on pouvait se promener librement et prendre le temps de la photographie. Deux articles photos le long des côtes bretonnes, de l’Aber Wrach’ à la pointe Saint-Mathieu, puis un retour de pêche au Guilvinec.

A propos Vincent Verschoore

Animateur de Ze Rhubarbe Blog depuis 2008.

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