Ze Rhubarbe Digest n° 5

De nombreux sujets se bousculent, actuellement, sous le ciel sombre du confinement. Les événements et polémiques en tous sens tissent la toile d’un monde que nous suivons par écrans interposés, mais dont nous faisons pourtant partie. Cette virtualisation, rendue tellement prégnante par le confinement, devient parfois notre principale, sinon unique, interaction avec le monde: nous ne pouvons plus discuter au café du coin, nous reconnaissons à peine nos voisins sous leur masque, nous télétravaillons, nous ne pouvons plus aller nulle part sans raison purement utilitaire, sans risque de se faire racketter par la police pour dépassement des limites absurdes qu’impose la dictature sanitaire.

Tout semble alors prendre de la distance, devenir virtuel, un grand théâtre parfois captivant, parfois effrayant, souvent désespérant.

On peut décider de tout éteindre et s’occuper de son intériorité. On peut aussi devenir accro aux fils d’actualité, aux vidéos Youtube, à Netflix. On croise plein de gens sur nos écrans qui donnent plein d’avis, certains très construits, d’autres à l’emporte-pièce. On peut passer des heures à zapper sur les réseaux sociaux, et soudainement il est minuit et on a encore rien fait de ce que l’on voulait faire de sa soirée.

Ce Digest reprend quelques éléments de ce qui occupe actuellement mes propres soirées…

La claque.

Commençons par un bon moment, chose devenue si rare sous la botte covidienne. Ce mardi, Olivier Véran a passé une détestable soirée. Confronté à une faction LR ayant décidé d’enrayer la machine LREM dans sa course à toujours plus d’état d’urgence et de liberté d’imposer tout et n’importe quoi, il s’est énervé face aux questionnements sur la réalité de ses propos, toujours catastrophistes, en les invitant à quitter l’hémicycle s’ils ne le croyaient pas.

Mauvaise idée: À la surprise générale, un amendement LR est adopté contre l’avis de la majorité et du gouvernement. Il fixe la date de la fin de l’état d’urgence sanitaire au 14 décembre 2020, au lieu du 16 février 2021. Il fixe également l’arrêt du confinement au 30 novembre, que le régime ne pourra prolonger sans l’aval de l’AN.

Le bourbier électoral américain.

La rhétorique victimaire, supposée faire gagner Joe Biden avec l’aide massive des femmes et des gens de couleur, n’a visiblement pas fonctionné. La situation est confuse, la victoire de l’un ou de l’autre tient à quelques voix encore à recompter, et le camp Trump menace clairement de mener un combat total. Nous en sommes donc face à une possible insurrection sur le sol US, et un nouvel échec de l’analyse sociale par le prisme du politiquement correct.

Les attentats islamistes.

Une problématique bien trop complexe pour être résumée en quelques mots. Une problématique alimentée de longue date par la ghettoïsation des populations de culture musulmane (2), et les guerres menées par l’Occident au Moyen-Orient. Aujourd’hui, une diversion opportune pour Macron lui donnant l’occasion de parler d’autre chose que de sa gestion lamentable de l’épidémie de Covid-19, et de se présenter en avatar de Saint Aristide (3) face à l’opportunisme d’Erdogan, le va-t-en-guerre nostalgique de l’empire ottoman.

« Nous, Français, partageons le choc et la peine du peuple autrichien (…). Après la France, c’est un pays ami qui est attaqué. C’est notre Europe. Nos ennemis doivent savoir à qui ils ont affaire. Nous ne céderons rien », a tweeté le chef de l’Etat en français puis en allemand. « 

Sauf qu’il a déjà cédé l’essentiel: sa population sous dictature policière, rackettée, interdite de culture, interdite d’aller acheter un livre, interdite de sortir de chez elle sans laisser-passer. Les islamistes se marrent:

Image

L’image des policiers.

Les journalistes se battent contre la proposition de loi visant à interdire la diffusion d’images de policiers identifiables. Celle-ci prévoit que:

« Est puni d’un an d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende le fait de diffuser, par quelque moyen que ce soit et quel qu’en soit le support, dans le but qu’il soit porté atteinte à son intégrité physique ou psychique, l’image du visage ou tout autre élément d’identification d’un fonctionnaire de la police nationale ou d’un militaire de la gendarmerie nationale lorsqu’il agit dans le cadre d’une opération de police. »

https://snjcgt.fr/2020/11/03/le-droit-des-journalistes-de-rendre-compte-du-travail-des-forces-de-police/?fbclid=IwAR3Ndn_bhBDzqqEYXyVvTPhiK4ph_YhmIRlC6eMaMbE6Vv5iORRgSmKb4TE

Le régime, et la police bien sûr, justifient ceci par le fait que les policiers sont à risque s’ils sont reconnaissables, des gens mal intentionnés étant par exemple susceptibles de les traquer. S’ils commettent des violences indues ce risque n’est effectivement pas tout à fait nul, mais il suffit qu’ils n’en commettent pas pour évacuer le problème car, en face, le risque que la police fasse usage de cette anonymisation pour multiplier ses actes abusifs et violents, à l’encontre du public mais surtout des journalistes, est très nettement supérieur.

On le voit déjà avec les cagoules et le refus de porter les identifiants RIO, pourtant « obligatoires ».

Cette modification de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse, va à l’encontre de toutes les dispositions prévues sur la liberté de la presse en Europe et menace d’empêcher les journalistes de faire tout simplement leur travail. Combiné avec le faible niveau de motivation de la part du personnel de police pour témoigner contre leurs propres collègues, le fait que la police dans de nombreux pays ne peut pas être identifiée entrave une enquête approfondie de tels incidents. Les autorités nationales doivent accepter le fait que les journalistes ont le droit de rendre compte et informer sur la conduite de la police. Le droit des citoyens à être informés ne peut s’affranchir de la possibilité que les journalistes filment et diffusent l’action des forces de l’ordre.

La police est une institution publique, et ses actions et acteurs identifiables par le public. Si on ne respecte pas cela, on en arrive à des milices anonymes auxquelles on ne peut plus attribuer de responsabilités.

L’argument policier sera alors ici que les films pourront toujours être utilisés dans le cas de dépôts de plaintes, que les gens peuvent en fait filmer mais ne peuvent pas diffuser. Certes, mais l’expérience actuelle étant que la police interdit déjà de filmer ou de photographier quand elle le peut, alors que c’est parfaitement légal, on imagine qu’avec cette loi toute personne munie d’un smartphone ou appareil sera systématiquement menacée. Ce, notamment, par les délinquants en uniforme genre BRAV qui ne fonctionnent que dans le rapport brutal et vénèrent Lallement.

Plus la police est violente plus on a besoin de filmer, et moins on filme plus la police est violente. D’autant que la police, elle, n’a pas de scrupules pour déployer les moyens de surveillance les plus invasifs sans demander l’avis de personne (1).

Haro sur les petits commerces et librairies.

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Le confinement se faisant sur le dos des petits commerces dits non-essentiels, un vent de révolte secoue les rangs de Maires, et certains contreviennent aux décrets préfectoraux en autorisant ces commerces à ouvrir malgré tout.

L’absurdité de la situation s’illustre avec l’exemple des librairies: considérées non-essentielles, ce qui coule de source vu le niveau des gens au gouvernement (et même en Belgique, pourtant guère mieux lotie en matière d’hystérie covidienne, les librairies sont considérées essentielles et maintenues ouvertes pendant le confinement), elles sont fermées. Cependant les rayons librairies de grandes surfaces, eux, restent ouverts. Ainsi, bien sûr, que les marchands en ligne, les grands gagnants (avec Big Pharma) de cette pandémie.

Face au tollé des libraires et des maires concernés, le gouvernement a encore une fois fait preuve de son insondable connerie: plutôt que de laisser les librairies ouvrir, il a préféré fermer les rayons livres des grandes surfaces… Idem pour tous les autres types de produits dits « non essentiels », que l’on ne pourra plus trouver ni en grande surface, ni chez les petits indépendants, et qu’il faudra – si vraiment nécessaire – se procurer en ligne. Les barres qu’ils doivent se taper, chez Amazon!

La justification gouvernementale est que laisser les petits commerces ouverts irait à l’encontre de la politique de confinement, les gens étant susceptibles de s’y infecter. Quand on voit que les transports bondés, eux, ne posent pas problème, ni les établissements scolaires, ni les grandes surface où se côtoient des centaines de gens, on a un peu de mal à croire que les quelques personnes qui pourraient se croiser dans un petit commerce soient à ce point plus à risque que les autres…

La rationalité ayant quitté le monde covidien depuis belle lurette, il ne sert à rien de tenter de comprendre la mesure en tant que telle, mais de l’inscrire dans une vision plus large: quel est, au fond, l’objectif du régime Macron? Maximiser son contrôle sur la société, et maximiser les profits de ses « clients » du Grand Capital contre leur collaboration en faveur de sa politique de domination sociale.

Or on tient bien mieux une population paupérisée (donc dépendante des aides de l’Etat) et privée de culture (tous les théâtres, cinémas, expos, spectacles étant désormais interdits) qu’une population émancipée et cultivée. Et tout fermer pour favoriser les grandes surfaces et le commerce en ligne sert, évidemment, bien plus le Grand Capital que les petites boutiques.

Le scandale des masques pour les enfants dès six ans.

Le bureau d’avocats Sand-avocats publiait, ce 31 octobre, un avis d’illégalité concernant l’obligation du port du masque à l’école pour enfants à partir de six ans.

Le raisonnement se base d’une part sur l’absence de démonstration concrète d’une quelconque utilité de cette mesure, d’autre part sur le non-respect de l’intérêt supérieur de l’enfant, tel imposé par la convention sur les droits de l’enfant signée par la France en 1989.

Or, le masque nuit à l’intérêt de l’enfant, sans lui apporter de bénéfice vu que les enfants craignent peu le Covid-19. Extrait:

Également s’agissant des risques sanitaires encourus, il est loisible de constater que le risque sanitaire au titre duquel les pouvoirs publics ont reçu des pouvoirs exorbitants de droit commun en cette période est guidé par la lutte contre la létalité du virus et la saturation des services hospitaliers.

Or, la seule constatation d’une augmentation des cas ne suffit pas, à elle seule, à justifier une atteinte plus importante aux libertés fondamentales en jeu et à l’intérêt supérieur de l’enfant d’autant qu’il est reconnu depuis le début de cette crise que le risque épidémique n’est pas le même pour l’ensemble des personnes infectées.

https://sand-avocats.com/port-du-masque-pour-les-enfants-des-6-ans-au-sein-des-etablissements-scolaires-une-decision-illegale/?fbclid=IwAR3e99-32QuUykEEe0KdEGwPbrNh9PL0l2i-Lz65FPHVJ12PAa7dSqcJtZQ

Les témoignages suite à cette rentrée masquée sont souvent poignants, telle cette enseignante qui ne peut retenir ses larmes:

Une fois qu’ils sont installés à leurs tables, je me prends la réalité en pleine face : 25 visages masqués. Je sens les larmes qui montent. Ce n’est pas ça l’école. Je cherche le sourire plein de dents de mon petit Mohamed, la petite moue d’Emilie quand elle hésite sur son inscription à la cantine. Je ne vois rien. Juste des yeux et des masques. C’est dur. C’est étrange mais le masque les rend plus silencieux…

https://www.huffingtonpost.fr/entry/je-netais-pas-prete-a-faire-face-aux-25-visages-masques-de-mes-eleves-blog_fr_5fa13470c5b6128c6b5c3548?ncid=fcbklnkfrhpmg00000001&fbclid=IwAR2ws2n-JyTuwcqdpilGIv6l5F2-nX50AoKv5fUJQMIyVaIimwDeAawqpt0

Popularité du nouveau confinement.

Nette baisse du nombre de gens favorables à la dict…, pardon, au confinement par rapport au mois de mars. Les vieux y sont de loin les plus favorables, évidemment, vu que cela ne change pas grand chose pour eux et leur donne un (faux) sentiment de sécurité.

Pour les 18-25, c’est 52%. Ce qui, somme toute, reste très élevé vu que c’est cette tranche d’âge qui paie, de loin, le plus lourd tribut à la dic.., pardon, à la politique sanitaire « nimportnawak » du régime.

Seuls 67 % des Français approuvent le confinement annoncé par l’exécutif jusqu’au 1er décembre, selon un sondage Elabe publié vendredi. Un chiffre loin derrière celui relevé lors du premier confinement en mars dernier : 93 %.

Les trois quarts (75 %) des personnes interrogées estiment que la France n’est pas prête face à la seconde vague de l’épidémie du nouveau coronavirus. Les 65 ans et plus sont les plus convaincus (76 %) par ce nouveau confinement et le pourcentage baisse avec l’âge des personnes interrogées jusqu’à tomber à 52 % pour les 18-24 ans, selon ce sondage réalisé pour BFMTV.

Les sympathisants de La France insoumise (55 %) et du Rassemblement national (59 %) sont ceux qui approuvent le moins ces nouvelles restrictions.

https://www.20minutes.fr/societe/2897431-20201030-coronavirus-deux-tiers-francais-approuvent-nouveau-confinement-moins-mars?fbclid=IwAR1z_DJnYW9KROzOmnKL3ooifcxOmkZmSELMaDU5OW01D3KUbw0PwU_Gb1c

Ce blog maintient depuis le début, en se basant sur les avis d’épidémiologistes, de médecins et de philosophes non affiliés à Big Pharma ni aux régimes autoritaires, que le confinement est une catastrophe que même l’OMS déconseille. Je reviendrai dans un prochain article sur la situation confinatoire actuelle, mais je cite ce billet publié à la fin du premier confinement de mars-avril:

Les enquêtes, les commissions ou encore les livres d’histoire, s’ils ne sont pas écrits par le régime, repeindront peut-être ces quelques mois de panique covidienne sous leurs vraies couleurs: le rouge sang et le noir funèbre. Les mots clés de ces récits seront, sans doute, l’incompétence, l’ignorance, l’arrogance, la bêtise, le désir pathogène de répression de la caste dirigeante qui, en France mais également ailleurs, a transformé une crise sanitaire prévisible et gérable en une catastrophe mondiale qui sera payée, parfois au prix fort, par des millions d’ouvriers, de premiers de corvées, de sans-rang, d’esclaves du néolibéralisme, de petits entrepreneurs renvoyés malgré eux aux strates paupérisées d’un monde aux mains de technocrates dégénérés.

https://zerhubarbeblog.net/2020/05/27/confinement-covid-19-de-lerreur-a-lhorreur/

Le germe totalitaire et Hannah Arendt.

Isabelle Saporta pas contente du tout de la manière dont le régime cherche à s’immiscer et à contrôler les moindres aspects de nos vies:

Hannah Arendt, elle, disait: «Le but du totalitarisme est donc le suivant : la domination permanente de chaque individu dans chaque sphère de sa vie. Il s’agit donc de régenter tous les aspects de vie individuelle, sa vie publique aussi bien que sa vie privée

Hannah Arendt était une éminente connaisseuse du totalitarisme. Si elle vivait aujourd’hui, je ne doute pas qu’elle verrait â travers la prise de pouvoir de la dictature sanitaire, l’émergence d’un nouveau totalitarisme déferlant sur une bonne partie de l’Europe.

Pour Arendt, le totalitarisme, nazi ou communiste, se fondait sur la masse, elle-même issue de l’atomisation sociale et de l’individualisation extrême. Ceux-ci attirèrent en effet avant tout les gens complètement désorganisés, les individus qui avaient toujours refusé de reconnaître les attaches et les obligations sociales.

Ce qui caractérise l’homme de masse, c’est l’isolement et le manque de rapports sociaux normaux. Cependant, si l’atomisation sociale a en un sens précédé l’émergence des totalitarismes, les mouvements totalitaires vont faire de cette atomisation de la société leur raison d’être.

Toujours selon Arendt, tandis que les despotismes et les tyrannies se sont toujours souciés de l’égalité de condition parmi leurs sujets, la domination totalitaire ne se satisfait pas d’une telle égalisation, car celle-ci laisse subsister entre les sujets certains liens communautaires, non politiques, comme les liens familiaux et les intérêts culturels communs.

Il va s’agir pour le totalitarisme de faire disparaître même ces derniers liens. Arendt souligne « l’incontestable attrait qu’exercent les mouvements totalitaires sur l’élite de la société et pas seulement sur la populace ».

A bon entendeur, salut.

Liens et sources:

(1) https://reporterre.net/Interdiction-de-filmer-la-police-drones-reconnaissance-faciale-ce-que-veut-le?fbclid=IwAR31f32jRSI-zxhZKVCeZ8K-LKX3cVRiEhZG1yp_mGVccs4U7aK21TAnWz0

(2) https://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Territoires_perdus_de_la_R%C3%A9publique

(3) https://fr.wikipedia.org/wiki/Aristide_d%27Ath%C3%A8nes

A propos Vincent Verschoore

Animateur de Ze Rhubarbe Blog depuis 2008.

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