Humilier, surveiller, punir.

La dernière allocution du guignol, tout comme les déclinaisons qu’en font ses sinistres ministres, aurait de quoi faire hurler de rire, si l’on ne se trouvait pas sous leur emprise. La transformation du gouvernement français en un Soviet Suprême de pieds-nickelés n’a rien de marrant, mais alors rien du tout, et surtout pour ceux et celles ne bénéficiant pas des privilèges de la fonction publique, de la rente ou de statuts dotés d’une forte protection syndicale.

Le produit du macronisme et de la crise covidienne est la transformation du grandiose autant qu’utopique « Liberté, Egalité, Fraternité », en un bien plus accessible « Humilier, Surveiller, Punir ». Pour notre sécurité, bien entendu.

La critique, acerbe autant que documentée, de la politique covidienne est devenue un classique récurrent sur ce blog. A chaque étape, même constat: mensonges, désinformation, mesures absurdes, violence, casse sociale, économique et culturelle, sans aucun impact sur l’épidémie en tant que telle, sans effet sur la politique qu’il faudrait mener mais que l’on ne mène pas, car, ne pas la mener sert les intérêts des clients et bénéficiaires de la clique macroniste: déstructurer la société afin de la rendre malléable et soumise aux mastodondes du grand capital, de Amazon à Pfizer en passant par Google et Black Rock.

Ce processus intègre les mêmes ingrédients que les « révolutions » nazies, stalinistes ou maoïstes: un ennemi générique justifiant une omnipotence policière et technocratique, elle-même imposant une microgestion de chaque élément des vies privées et publiques de chaque citoyen. Une omniprésence visant à isoler chaque individu de sa sphère sociale, de sa matrice culturelle originelle, le rendant ainsi nu et sans défense face à l’omniscience d’un système nourri, aujourd’hui, par la prédation numérique des systèmes de surveillance, des Gafam et de leurs déclinaisons locales.

Mensonges et manipulations.

Le mensonge, la torsion de la réalité, les fake news sont constitutifs de la construction totalitaire. Emmanuel Macron a, encore une fois, ancré son dernier discours dans un élément présenté comme vrai, indiscutable tel un axiome de géométrie, sur lequel repose ensuite le déroulement programmatique. Il est donc essentiel, pour que toute cette critique ait un sens, de se rendre compte du mensonge originel.

« Le pic de la seconde phase de l’épidémie est passé », s’est réjoui Emmanuel Macron, alors que le nombre de personnes en réanimation dans les hôpitaux est passé de 4 900 le 16 novembre à 4 300, et que le nombre de nouvelles contaminations chaque jour est inférieur à 5 000 lundi. « Nous redoutions des chiffres bien plus importants, et nous les avons évités » grâce à « l’esprit civique dont vous avez fait preuve » et à une meilleure prise en charge « des patients atteints pour certaines formes graves ».

https://www.francetvinfo.fr/sante/maladie/coronavirus/calendrier-vaccins-mesures-d-aides-ce-qu-il-faut-retenir-de-l-allocution-d-emmanuel-macron-sur-l-allegement-du-second-confinement_4194079.html?fbclid=IwAR2yZwJizU082Aw60XTqgLlyFmNflAEwL8wzTc1y8hQgfOGdK8x5b6Fbtac

Petit rappel: Macron annoncait fin octobre:

« Quoi que nous fassions, près de 9.000 personnes seront en réanimation à la mi-novembre. »

https://www.20minutes.fr/societe/2910527-20201118-coronavirus-pourquoi-9000-personnes-reanimation-comme-annoncait-emmanuel-macron

Ce chiffre, basé sur une simulation bidon comme la plupart des simulations créées pour un maximum de panique, justifiant ensuite tout et n’importe quoi, s’est évidemment avéré faux. Mais une telle exagération permet, ensuite, de se féliciter du succès inespéré des mesures mises en place car, bien évidemment, si ces mesures n’avaient pas été prises, cette prédiction se serait révélée au mieux juste, au pire bien en-dessous de la vérité.

Classique exercice de manipulation typique de tout vendeur d’assurance, de marchand de médicaments ou d’escroc patenté. Mais revenons au mensonge du 24 novembre: quand Macron parle « d’esprit civique », il entend la soumission aux mesures de couvre-feu et de confinement. C’est donc grâce à ces mesures que nous n’aurions pas eu 9 000 personnes en réanimation, et que le pic serait passé, permettant un (très relatif) relâchement des mesures incarcératoires.

Le confinement n’est pas la cause de la régression des cas.

Sauf que les chiffres démontrent que le passage du pic n’a rien à voir avec les mesures de couvre-feu ou de confinement.

Voici les courbes de l’analyse du Sars Cov 2 dans les eaux usées évoquées par le Pr La Scola de l’IHU Marseille ce matin, sur Sud Radio, avec André Bercoff. La première courbe concerne l’île de France, la seconde Marseille, elles montrent l’évolution du portage viral dans les eaux usées et celle du nombre de cas positifs. On observe dans le courant du mois d’octobre, dans les deux courbes, une chute du portage viral dans les eaux usées, et une baisse parallèle du nombre de cas positifs. On remarque que cette décrue avait commencé au tout début du confinement (29 octobre) voire même avant et que, à Marseille, la fermeture des bars et des restaurants n’avait pas eu le résultat escompté.

https://www.facebook.com/monica.art.79/posts/5000066526671918

Voici la présentation en question:

On ne dit pas autre chose sur le plateau de LCI:

Ce confinement relève surtout d’un grand théâtre, où les gens les plus susceptibles de transmettre le virus, ceux qui travaillent, sont globalement libres, et les autres non. Que cette mesure ait éventuellement ralenti les admissions à l’hôpital reste une hypothèse à démontrer mais quoi qu’il en soit, la capacité hospitalière – fortement affaiblie du fait des politiques de transfert de la santé publique vers le privé, faut-il le rappeler – n’a pas été dépassée et nous étions loin des 9 000 cas (sur 67 000 000 d’habitants, faut-il aussi le rappeler) agités par Macron fin octobre.

Donc, tout comme pour la première vague, l’épidémie a suivi son cours de manière fort peu affectée par les mesures confinatoires. Ces courbes étant les mêmes pour à peu près tous les pays, y compris ceux qui ne confinent pas, ou très peu, on ne peut que constater que ce cirque ne sert à rien d’un point de vue sanitaire, mais qu’il est désastreux pour tout le reste.

Alors, pourquoi?

Paranoïa, contrôle et loi sécuritaire.

Il est difficile de pénétrer l’esprit psychopathologique ou paranoïaque, cette caractéristique fondamentale des élites technocratiques n’ayant avec la vie réelle que le rapport le plus lointain possible (et c’est cela la distanciation sociale, la vraie):

Cette paranoïa n’émane pas d’une quelconque réalité, sauf rares exceptions, mais du sentiment propre au privilégié qui se sait illégitime, qui vit avec ce sentiment de culpabilité qui le mène à développer des stratégies de manipulation, de contrôle et de répression afin de protéger sa position, et ce notamment en accusant toute remise en cause de sa position de « complotiste ».

https://zerhubarbeblog.net/2020/11/19/covid-19-et-pathologie-du-complot/

Cette psychopathologie, ce besoin absolu de contrôle répressif afin de minimiser les risques d’un éventuel retournement, d’un phénomène Gilets jaunes +++ , prend des formes de comédie gorafique. Si ce n’était si grave pour les personnes concernées, si humiliant pour la société dans son ensemble, les mesures du genre « stations de ski ouvertes mais sans ski » ou « promenades limitées à 20 km et 3 heures, avec attestation bien sûr », sans l’ombre du début d’un indice d’une quelconque justification autre que le désir pathologique de contrôle et de répression, nous feraient bien rire.

Sauf que l’on ne rit pas, que le désespoir d’installe durablement, que 30% à 60% des bars et restaurants pourraient disparaître, que ce ne sont plus seulement les agriculteurs qui sont à grand risque de suicide, mais des dizaines de milliers de gens laissés sur le carreau, qui ne comprennent pas pourquoi ils sont ainsi sacrifiés alors qu’ils n’ont rien à voir avec cette épidémie:

C’est une « autre vague », de plus en plus redoutée par les soignants et qui pourrait bien être aussi dangereuse que le virus lui-même : en plein reconfinement, les médecins alertent depuis plusieurs semaines sur la santé psychologique des Français, plus que jamais fragilisée par la crise sanitaire. Anxiété, dépressions, idées suicidaires… L’impact de l’isolement et de la crise économique sur la santé mentale est loin d’être anecdotique. Selon une étude réalisée en septembre par l’Ifop pour la Fondation Jean Jaurès, pas moins de 20% des Français auraient ainsi déjà pensé à mettre fin à leur jour au moins une fois au cours de leur vie. Parmi eux, 11% disent avoir pensé au suicide durant le premier confinement, et 17% depuis la fin de ce dernier.  

https://www.lexpress.fr/actualite/societe/anxiete-depressions-suicides-comment-le-confinement-accentue-la-detresse-psychologique_2138922.html

Chez les personnes âgées, celles enfermées « pour leur sécurité », le résultat est qu’elles commencent à mourir de leur enfermement:

«Depuis la pandémie, des résidents pleurent. D’autres ont perdu l’appétit et disent qu’ils veulent mourir. Ils en ont marre. On essaie de les stimuler, en vain. On en a même qui sont sortis indemnes du coronavirus. Mais ils n’en pouvaient plus de cet isolement. Ils sont morts», constate avec impuissance un infirmier.

https://www.20min.ch/fr/story/deprimes-nos-residents-se-laissent-mourir-114988512563?fbclid=IwAR2GOArp1pU2mElNi-NTnsygX_HFOBXpR1PDv71TYAOSw3SHk_tTmp7HwpE

Perte de contrôle médiatique.

Néanmoins, il semble évident que le régime n’a plus tout à fait le même contrôle médiatique qu’auparavant. Les défenseurs de la dictature sanitaire se sentent obligés d’en rajouter afin de compenser cette (relative) perte de monopole de la propagande. La sortie du Pr Rémi Salomon, sur la manière de fêter Noël en famille, est un exemple caricatural de la vision uniquement comptable des responsables de la santé publique:

«  »On coupe la bûche de Noël en deux et papy et mamie mangent dans la cuisine et nous dans la salle à manger », a préconisé mardi 24 novembre le professeur Rémi Salomon, président de la commission médicale d’établissement de l’AP-HP (assistance publique – hôpitaux de Paris), alors qu’Emmanuel Macron doit dévoiler mardi soir les grandes lignes d’un confinement allégé. »

https://www.francetvinfo.fr/sante/maladie/coronavirus/confinement/video-confinement-a-noel-on-coupe-la-buche-en-deux-et-papy-et-mamie-mangent-dans-la-cuisine-preconise-le-professeur-salomon_4193521.html?utm_medium=Social&utm_source=Facebook&Echobox=1606211352&fbclid=IwAR2gqOh9wReEOdJk75rLAxsi4sImF0CXFIt-RmXRBZnOwFgUoCDp5rOMxyQ#xtor=CS1-746

Fuite en avant sécuritaire.

La proposition, par des alliés du régime, de traiter les cas positifs comme des criminels, avec isolation contraignante et bracelet électronique, rencontre une opposition au sein même de l’establishment politico-médiatique. Le Dr Gérald Kierzek, médecin et chroniqueur sur LCI, en dit ceci:

Cette perte de contrôle pourrait se transformer en panique, d’où l’importance pour le régime de maximiser sa puissance répressive à l’encontre de la population, ce qui est l’objet de la fameuse loi « Sécurité globale », avec entre autres son article 24 visant, en pratique, à interdire de filmer la police (1).

Cette attaque contre la liberté d’informer vient de se retourner violemment contre le régime, d’abord par les scènes d’horreur place de la République lors de l’éviction d’un camp de migrants (2), puis avec cette scène surréaliste de trois miliciens frappant un homme dans son studio d’enregistrement, sous prétexte qu’il n’avait pas de masque (3).

Sans images, ces actes resteraient inconnus du grand public et leurs auteurs, non inquiétés. Une vague de défiance se lève depuis quelques temps contre cette avancée de la dictature, ce même dans les cercles privilégiés:

Avocat au Conseil d’Etat et à la Cour de cassation, Me Patrice Spinosi dénonce une accumulation sans précédent de mesures sécuritaires. Il y voit un point de bascule menaçant l’équilibre démocratique. Selon lui, « un Trump à la française » élu en 2022 aurait à sa disposition, sans avoir besoin de changer la loi, « tous les outils juridiques lui permettant de surveiller la population et de contrôler ses opposants politiques ».

https://www.lemonde.fr/societe/article/2020/11/25/lois-securitaires-nous-construisons-avec-ces-mesures-les-outils-de-notre-asservissement-de-demain_6061010_3224.html?fbclid=IwAR0LOhnzV94AH_pqYVwZqkdh7Idcm8QEn02urk746zTFwFSavOEzI9pKb7E

L’avocat Régis de Castelnau, lui, ne mâche pas ses mots:

« L’utilisation des forces de l’ordre comme une milice dévoyée fascisante est constitutive du système Macron. Puisque ce régime minoritaire ne tient en fait que par la police et son auxiliaire la Justice. »

https://www.facebook.com/vincent.verschoore/posts/10221849423077323

Jusqu’à l’absurde et au-delà.

Humilier, surveiller, punir: le motto de la macronie révélant ainsi son véritable visage à travers l’opportunité que lui confère la crise covidienne. Une devise que partagent, et c’est cela qui me semble le plus inquiétant, des centaines de milliers sinon des millions de fonctionnaires qui appliquent à la lettre les mesures les plus débiles.

Un jeune homme près de chez moi verbalisé car il faisait ses courses à 100m de chez lui, avec la mauvaise date sur son attestation. Toujours près de chez moi, cet ado qui se retrouve dans le bureau de la directrice du collège car, oh mon dieu, il avait tendance à ne pas recouvrir entièrement son nez avec le masque.

Masque pour lequel, comme l’indique la seule étude, à ma connaissance, portant sur un comparatif entre deux groupes de près de 3 000 personnes, très similaires (même population, mêmes activités), la différence entre le taux d’infection des sans-masques et celui des masqués est marginal (0,3%). (4)

L’obligation du masque en extérieur est complètement idiote, et en intérieur son utilité n’est pas démontrée hors environnement contrôlé. Son imposition à des enfants à l’école relève de la psychopathie et est, sans doute, illégale car contrevenant au principe de l’intérêt supérieur de l’enfant (5).

On comprend mieux la vague de collaboration sous Vichy, tout comme l’adhérence du peuple allemand, pourtant cultivé, au nazisme: comme le présentait Milgram suite à ses travaux sur la soumission à l’autorité (6), l’obéissance servile jusqu’à l’absurde, voire l’horreur, est constitutive du genre humain. Les monstres ne meurent jamais, ils se transforment.

MAJ du 28 novembre.

Une excellente interview avec Me Fabrice di Vizio sur le scandale sanitaire, le Remdesivir, le vaccin, l’abandon de la science au profit d’une démence relevant de la religion ou de la psychiatrie:

Un policier français témoigne. Et c’est terrifiant.

La chaîne belge Kairos a pu interviewer un policier français. Il confirme la politique du chiffre (100 PV par policier demandés par la hiérarchie pour la seule soirée du Nouvel An!), la dictature sanitaire, la transformation de la police en une milice au service d’un régime lui-même au services d’intérêts autres que l’intérêt général.

Liens et sources:

(1)

(2) https://www.liberation.fr/france/2020/11/24/place-de-la-republique-les-images-de-la-honte_1806527?fbclid=IwAR2WhclDPxqGGEOhs0GCP0bObXrvYYwKbbj-tN-LBlECsnlaCXLR6BqFp4w

(3) https://www.facebook.com/lereveilcitoyen/videos/217556503216346

(4) https://www.acpjournals.org/doi/full/10.7326/M20-6817?fbclid=IwAR3bWxDcZfo3aPtuleMX24onLSv9T1PYkiEozcO7YuvPo6mhwy9qye1_IUU

(5) https://sand-avocats.com/port-du-masque-pour-les-enfants-des-6-ans-au-sein-des-etablissements-scolaires-une-decision-illegale/?fbclid=IwAR3e99-32QuUykEEe0KdEGwPbrNh9PL0l2i-Lz65FPHVJ12PAa7dSqcJtZQ

(6) https://fr.wikipedia.org/wiki/Exp%C3%A9rience_de_Milgram

A propos Vincent Verschoore

Animateur de Ze Rhubarbe Blog depuis 2008.

18 réponses

  1. à propos du dernier paragraphe, voir dans « La rose blanche » de Inge Scholl, l’histoire d’une famille allemande d’abord séduite par le nazisme, puis se rendant compte, mais un peu tard, du Mal. Hans et Sophie Scholl, 25 et 22 ans, seront décapités en 1943.

  2. […] Ce blog a produit en un an plus de 70 articles analysant et critiquant cette « stratégie », tentant de l’inscrire dans une dynamique plus large où le Covid serait ici un révélateur de processus déjà à l’œuvre bien avant lui (par exemple « Ivan Illich ou la fin de l’Humain singulier« , ou « La sécession des élites à l’heure covidienne« ), là une opportunité de pouvoir (par exemple « Humilier, surveiller, punir« ). […]

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