La guerre du masque à l’école.

La dictature sanitaire a transformé l’enfant du statut de sujet de l’institution éducative, à celui d’objet anonyme et menaçant à reléguer derrière un masque ou, mieux encore pour certain(e)s, derrière un écran d’ordinateur. L’intérêt de l’enfant passe après celui des adultes, et cette soumission forcée est symbolisée par masque obligatoire à l’école.

Face au masque, les deux camps de l’institution.

Au sein du personnel de l’EN, deux camps se font face: d’un côté celui, majoritaire, qui « y croit » et n’a aucun problème à réprimander tout gamin ayant l’audace de faire dépasser un bout de nez du chiffon asphyxiant réglementaire, mais qui désespère face à l’impossibilité d’appliquer réellement les mesures de distanciation au sein des établissements. Ce camp est bien représenté par cette professeure, qui s’exprime ainsi sur Twitter:

De l’autre côté, ceux et celles qui estiment que le rapport coût-bénéfice du port du masque pour les enfants en classe, notamment au vu de la réalité du taux d’infection (faible) et de l’inapplicabilité de la de mesures imposées par la technocratie, au vu surtout de la pauvreté du rapport humain qu’impose ce masque à l’école, le subissent et l’appliquent le moins rigoureusement possible.

On trouve sans doute les deux mêmes camps au sein des parents d’élèves. Voici un exemple de témoignage d’un parent ayant retiré sa fille de l’école:

« Ma fille ne va plus à l’école depuis la mi-novembre, à partir du moment où l’on a imposé le masque aux élèves en classes élémentaires, dès l’âge de 6 ans », rappelle sa maman qui assume et est fière de son . « Par respect envers mon enfant, tout simplement. »

En réalité, l’enfant a porté le masque une dizaine de jours, mais l’objet la gênait pour respirer convenablement. Alors, elle fait glisser lentement son masque sous le nez, et les remarques commencent à pleuvoir : « Remets ton masque correctement ! Et du gel hydroalcoolique, tu en as mis au moins ? »

https://www.ladepeche.fr/2021/03/01/une-mere-deleve-de-muret-suivre-la-classe-avec-un-masque-cest-non-9400708.php?fbclid=IwAR32WahRsuVl_adgCfoDo9gVTq_cLBGAKf2KzZgeQcr1dslQ–c6K3dtatk

Le masque pour maintenir les écoles ouvertes?

Le masque serait, nous dit-on, le prix à payer pour maintenir les écoles ouvertes. Encore faudrait-il le prouver mais la technocratie, du haut de sa suffisance, impose ses (changeantes) vérités plutôt que de faire usage du fameux esprit critique et de la rationalité qu’elle prétend par ailleurs inculquer. Vouloir démontrer une hypothèse implique de prendre le risque que l’hypothèse soit fausse et cela, ce n’est juste pas possible pour des gens tellement convaincus de leur supériorité naturelle (1).

Rationalité anglaise.

Le débat n’est pas que franco-français, et si l’Angleterre n’est en rien un modèle en termes de covidienne, on y trouve au moins des directeurs d’école avec le courage de regarder les choses en face. La conversation ci-dessous entre l’animateur de (l’excellente) chaîne web UnHerd et le directeur de la East London Science School , David Perks, illustre le problème. C’est en anglais, mais j’en fais une synthèse sous la vidéo.

En vue d’une réouverture des écoles début mars suite à deux mois de confinement, le ministère de l’Education britannique conseille, mais n’impose pas, le port du masque aux écoliers. David Perks, professeur de physique en plus d’être directeur d’école, refuse et prévient qu’il n’imposera pas le port du masque, ni aux enfants ni aux autres professeurs.

Sa raison: les enfants ont avant tout besoin de rétablir un lien physique, humain, affectif entre eux et avec leurs enseignants. Leur refuser cela en leur imposant le masque serait contre-productif, autant alors que chacun reste chez soi.

Il rajoute, questionné sur l’aspect scientifique de la recommandation du masque, qu’en tant que scientifique il sait faire la distinction entre ce que dit la science, et ce dont a besoin la . En l’occurrence, même s’il reconnait volontiers que le masque a un effet de réduction des contaminations en espace clos telle l’école, cela n’aurait pas d’effet majeur sur le taux d’infection du fait qu’une partie importante des enseignants (dont lui-même), et des élèves, ont déjà eu le , qui a touché une grande partie de la population londonienne.

Le seul verdict scientifique, calculé en termes de risque de transmission, n’est donc qu’un élément de l’équation générale, du rapport coût-bénéfice qui doit être évalué dans le cadre d’une politique de santé publique. Cela semble assez évident, mais malheureusement cela ne l’est pas du tout pour des technocrates à l’esprit purement comptable, ni pour des politiciens sans compétences autre que la com. Sans même parler, bien sûr, des intérêts particuliers et de la corruption rampante au sein des institutions de santé.

Masques et maltraitance.

Outre ces considérations bassement rationnelles, l’imposition du masque aux enfants relève de la maltraitance pure et simple. La loi française de 2007 relative aux enfants à risque (2) est tombée aux oubliettes, tout comme la Convention international des droits de l’enfant:

La convention met en avant quatre principes fondamentaux concernant les enfants : la non-discrimination, l’intérêt supérieur de l’enfant, le droit de vivre, survivre et se développer ainsi que le respect des opinions de l’enfant. Trois protocoles facultatifs ont été ajoutés au texte principal. Le premier vise à protéger les enfants contre le recrutement dans les conflits armés, le deuxième concerne la vente d’enfants (à des fins de travail forcé, adoption illégale, don d’organes…), la prostitution ainsi que la pornographie mettant en scène des enfants. Le troisième définit la procédure internationale qui permet à tout enfant de déposer une plainte pour violation de ses droits, directement auprès du Comité des droits de l’enfant des Nations unies, lorsque tous les recours ont été épuisés au niveau national.

https://www.unicef.fr/dossier/convention-internationale-des-droits-de-lenfant

Obliger les enfants à se masquer toute la journée au nom de la protection des adultes va très clairement à l’encontre du principe de l’intérêt supérieur de l’enfant. Mais cet intérêt serait-il encore plus mal servi par la fermeture des écoles? Sans doute. Reste à démontrer, par une réelle analyse coût-bénéfice, l’existence d’un lien objectif entre le non port du masque à l’école, et leur fermeture. Une analyse qui ne peut pas s’exprimer par les seuls estimations de nombre de cas associés au non port du masque, mais qui doit aussi prendre en compte les impacts psychologiques et physiologiques du masque obligatoire sur les enfants comme sur les profs.

Un article paru dans la revue Parents de novembre 2020 tente de « rassurer » sur l’innocuité du port du masque, balayant toutes les critiques liées à l’oxygénation, le confort, l’attention etc., mais se terminant néanmoins sur cette remarque concernant les effets à long terme:

Une étude rétrospective sur l’effet du SRAS en 2003 (port du masque mais aussi quarantaine, réduction des activités extérieures) démontre des retards dans le développement des enfants et présume que les impacts de la COVID-19 seront encore plus grands que ceux du SRAS (3). Il reste toutefois difficile de répondre précisément à cette interrogation, mais pour Christelle Landais, le port du masque n’est pas anodin et il convient de le questionner. « Les enfants apprennent et se construisent en imitant. Ils acquièrent aussi de l’empathie envers les autres, grâce à l’observation de leurs émotions sur le visage. Le masque instaure aussi une distance, une méfiance vis-à-vis de l’autre ». Et plus cette situation perdure, plus ces “effets” s’imprègnent dans le cerveau des enfants. Gageons donc, grâce à cette période masquée, de pouvoir les renvoyer bien vite à l’école, un sourire bien visible sur leurs lèvres. 

https://www.parents.fr/actualites/enfant/port-du-masque-10-reponses-dexperts-sur-les-effets-chez-lenfant-872392

Le site Réinfocovid, lui, se montre nettement plus alarmiste sur la question des impacts traumatiques de la dictature sanitaire, critiquant entre autres le masque obligatoire:

Le masque est vécu tant comme une marque de musèlement qu’un objet fétiche irrationnel qui éloignerait un ennemi invisible. Aussi dès que l’enfant retire son masque pour retrouver une vie normale, il peut vivre des éprouvés de terreur et de culpabilité. Nous avons des retours d’orthophonistes et de psychologues indiquant que les enfants ont tellement peur de se faire gronder ou encore de mourir s’ils le retirent, qu’ils sont désormais bloqués pour enlever le masque.

https://reinfocovid.fr/science/impacts-de-la-politique-sanitaire-sur-les-enfants/?fbclid=IwAR0GxLhJ8r1RoAqpirAEwaG9Ht5pd3J1E9tQEpcfSgAKrlSwNc2XW_H8_Gw

Une question surtout politique.

Le débat est en réalité beaucoup plus politique que scientifique. L’institution veut rassurer les fonctionnaires afin que ceux-ci ne désertent pas les écoles, ce qui entrainerait leur fermeture et le retour à la problématique économique (parents obligés de rester à la maison pour garder leurs enfants).

Mais à nouveau, les enfants ne sont ici que des objets que l’on manipule en fonction des intérêts des adultes: on les masque pour rassurer les fonctionnaires, et on rassure les fonctionnaires pour ménager l’économie.

Ce qui rejoint ce nouveau projet de l’EN, le dépistage salivaire qui fait déjà baver les profs:

Aucune description disponible.

Liens et sources:

(1) https://zerhubarbeblog.net/2021/02/23/sortir-du-qi-au-profit-de-lintelligence-adaptative/

(2) https://sante.lefigaro.fr/social/sante-publique/maltraitance-infantile/cadre-legislatif-evolution#:~:text=La%20loi%20du%2010%20juillet,signalement%20des%20cas%20de%20maltraitance.

A propos Vincent Verschoore

Animateur de Ze Rhubarbe Blog depuis 2008.

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