Oser la joie face au nihilisme sanitaire.

Le philosophe André Comte-Sponville, l’un des premiers a être monté au créneau face à la dictature sanitaire voici précisément un an (voir « Confinement: sous le joug du Santé Suprême (1)), nous revient avec cette belle image: La santé est un bien, la liberté est une valeur, celle inscrite au fronton des mairies. Soumettre la valeur de liberté à la santé, c’est aller à l’encontre de 2000 ans de christianisme, et trois siècles de République. C’est du nihilisme sanitaire.

Nihilisme, trahison et sécession.

Ce nihilisme sanitaire, désormais imposé via un nouvel ensemble de règles débiles, relève de la trahison par les élites du principe républicain (voir Confinement, ou délit de haute trahison? (2), ou encore La sécession des élites à l’heure covidienne (3)). Il illustre, par les exemples concomitants du restaurant privé de luxe réservé aux puissants (4) et du policier mené sur certaines plages (5), le fait que ceux qui imposent la répression ne s’y soumettent pas eux-mêmes, mais répriment fortement toute désobéissance par les autres à la dictature sanitaire.

Comme le dit très justement la philosophe et essayiste Anne-Sophie Chazaud:

« Il faudra un jour que nous parvenions à mentaliser le fait que nous vivons dans une époque où des gens sont traînés en justice parce qu’ils ont participé ou organisé des fêtes, où des jeunes paisiblement alanguis dans un parc européen se font charger violemment par une police déchaînée, où, dans le même temps, on subventionne des associations islamistes tandis qu’on considère les baptêmes de l’air pour enfants handicapés comme des écocides. Une époque où des gens appellent la police afin de dénoncer les esprits normaux qui continuent d’avoir une vie sociale et de recevoir des invités ou de festoyer, riches ou pas cela m’est bien égal. »

https://www.facebook.com/annesophie.chazaud/posts/1867298716777443

De l’absurde à l’absurde.

La française, selon un récent sondage pour Le Point (6), serait majoritairement en faveur des mesures sanitaires imposées depuis début avril, mais serait minoritaire dans son intention de les respecter… L’absurde engendre l’absurde, mais il entraîne également le désespoir:

«  On va vers une casse psychologique et psychiatrique, très très importante. Il y aura un avant et un après. Les gens sont traumatisés. À tous les niveaux. Dans les Ehpad, par exemple, on sait que des personnes âgées sont mortes de phénomènes de glissement et d’angoisse. D’autres sont traumatisées d’avoir dû enterrer un parent de façon bâclée. Ce sont des petits exemples entre mille. Il y a une urgence absolue à prendre en compte la dimension psychologique de la crise actuelle. » 

https://www.kairospresse.be/crise-de-la-covid-et-intelligence-emotionnelle-le-maillon-manquant/?fbclid=IwAR3uRx81496W8b8Z03tOzlqf9C8cZirfUEgc5pCDFY0flzc3xEae931tOPw

La justification centrale mise en avant par le régime pour justifier la dictature, la « pression hospitalière », n’est qu’un leurre. Non pas que cette pression n’existe pas, bien au contraire, mais elle relève d’une volonté datant de bien avant l’épisode covidien, une situation qui n’a pas changé après une année complète de crise.

Comme le dit très bien l’urgentiste Christian Prudhomme:

Ce à quoi s’ajoute cette carte du Point montrant la réalité, selon lui, de la charge de réanimation en France:

Peut être une image de carte et texte

De la manifestation en zone rurale.

Si je prends ma Région, la Bourgogne-Franche-Comté, avec une de 2,8 millions d’habitants, il y aurait 119 personnes en réanimation, occupant moins de 50% de la capacité totale régionale. 119 personnes, pour 2 800 000 habitants, et nous sommes néanmoins contraints à des mesures liberticides débiles: couvre-feu, limite des 10 km, fermeture des commerces dits « non-essentiels », surveillance et policier. Seuls les hypocondriaques, les psychopathes et les imbéciles peuvent trouver ceci « normal ».

Face à la dictature de ces psychopathes, la désobéissance est évidemment de mise mais, du fait de la puissance de la milice et la forte présence des collabos cachés derrières leurs rideaux ou surveillant les réseaux sociaux, elle implique de faire preuve d’un maximum de discrétion.

Bien sûr nous voyons, chaque jour ou presque, des manifestations anti-dictature dans des villes européennes (7), là où la masse permet d’affronter la milice, là où un petit pourcentage de gens courageux, ou désespérés, se compte tout de suite en centaines ou en milliers de personnes.

Cependant le rejet existe aussi en zone rurale, là où la faible densité de rend ces mesures encore plus absurdes et arbitraires, mais là où les rangs de la révolte sont clairsemés: beaucoup de gens préfèrent vivre leur vie « sous le radar » dans leur coin, sachant que le risque d’un contrôle par la force d’occupation est faible dès que l’on s’éloigne du bord des principales routes départementales.

De plus, la jeune (la plus fortement et injustement visée par la dictature) y est largement plus réduite qu’en ville, et vivent là de nombreux retraités pour lesquels ces mesures ne changent pas grand chose à leur quotidien, voire qui se sentent ainsi « protégés » sans avoir à se préoccuper du coût gigantesque de cette dictature pour la société.

A Cluny, pour la joie.

Dans ma petite ville de Cluny, en Saône-et-Loire, un temps le centre de la Chrétienté moyenâgeuse et, incidemment, à l’origine de la conquête spatiale (8), une ville qui tente de défendre au mieux son activité culturelle ainsi que la liberté de respirer de ses citoyens, de petits événements spontanés ont eu lieu visant à apporter un peu de joie et de légèreté.

Les deux premières vidéos montrent des déambulations au son de HK – Danser Encore!, cet hymne ayant fait le tour de France et désormais repris ailleurs en Europe. Dans la seconde vidéo, une valse s’ensuit dans les allées du marché. Ces images ont fortement déplu à la Préfecture ainsi qu’à la bien-pensance locale, qui a envoyé ses gendarmes visibles sur la troisième vidéo.

Plusieurs vérifications d’identité, dont j’ignore si elles vont déboucher sur des verbalisations, mais la déambulation férocement de la dictature sanitaire faisant l’objet de cette vidéo a dû encore plus fortement déplaire – malgré qu’elle se soit tenue dans le plus grand respect des règles « sanitaires ».

Vidéo du 21 mars, à Cluny:
Vidéo du 27 mars, à Cluny:
Vidéo du 3 avril, à Cluny toujours:

Pour l’abolition des Préfets.

Cette situation illustre les tensions entre une démocratie locale, représentée par un(e) Maire élu(e), et l’absurde étatique représenté par le/la Préfet(e), un personnage élu par personne et sans lien avec le territoire qu’il occupe, mais sur lequel il a tous les vrais pouvoirs. Certaines (rares) villes n’hésitent pourtant pas à aller à l’affrontement, comme Compiègne:

La préfète de l’Oise a demandé à Philippe Marini d’annuler un arrêté autorisant les commerces non-essentiels de la ville à vendre sur le trottoir. Mais l’élu n’en démord pas, et il invite la représentante de l’Etat à l’attaquer au tribunal administratif.

https://www.leparisien.fr/oise-60/le-maire-de-compiegne-ignore-la-prefecture-et-autorise-les-commerces-a-rouvrir-sur-le-trottoir-19-03--8429214.php?utm_campaign=facebook_&utm_medium=social&fbclid=IwAR0x_igoKiJGpxxOmtWKcA0oJsPPlfbnYAU70pNKFrYrvpE7ucrjFEMnmjY

Si nous revenons un jour à une situation plus normale, la puissance du Président à mener seul l’Etat à son service, et le pays à la catastrophe, devra être sérieusement questionnée. Tout comme l’équilibre des pouvoirs entre les élus locaux et les sbires préfectoraux, ces descendants des agents de l’absolutisme royal qu’étaient les Intendants du Roi, qui furent abolis à la Révolution pour réapparaître ensuite sous la férule napoléonienne. Il serait temps de les voir disparaître à nouveau, et pour de bon.

Liens et sources:

(1) https://zerhubarbeblog.net/2020/04/14/confinement-sous-le-joug-du-sante-supreme/

(2) https://zerhubarbeblog.net/2021/03/30/confinement-ou-delit-de-haute-trahison/

(3) https://zerhubarbeblog.net/2020/12/23/la-secession-des-elites-a-lheure-covidienne/

(4) https://francais.rt.com/france/85359-covid-19-ministres-ont-ils-dine-restaurants-clandestins

(5) https://www.lindependant.fr/2021/04/05/covid-19-herault-405-damende-pour-un-verre-de-rose-entre-amis-sur-la-plage-9469865.php?fbclid=IwAR3wete6YI7M-q_xkIbJURdafycQ64sl1ft72XoygUdfY3fErixuNShdmPI

(6) https://www.lepoint.fr/sante/covid-la-moitie-des-francais-ne-compte-pas-se-plier-aux-nouvelles-restrictions-01-04-2021-2420410_40.php?fbclid=IwAR1kwhX8xuwK_-Dvpz_5iN-AcmLZL1G6Xp5wme_cQki_nt9t9Eb6GdTeJ94

(7) https://bam.news/revue-de-presse/les-manifestations-anti-confinement-se-propagent-a-travers-l-europe/?fbclid=IwAR1v4BTRmfB97i_ClQjIgOOGcEPmjpZV8kNelDDEr_Nlp1FS6D4M-AUGReo

(8) https://zerhubarbeblog.net/2021/04/01/cluny-aux-origines-de-la-conquete-spatiale/

A propos Vincent Verschoore

Animateur de Ze Rhubarbe Blog depuis 2008.

4 réponses

  1. sûr que ni les préfets ni les sous-préfets, nommés, ne connaissent bien « leur » circonscription. Cela me rappelle l’épisode tragique du crash de l’Airbus au Mont Sainte Odile le 20 janvier 1992, où le sous-préfet de Barr a fait « promener » les secours pendant des heures autour du lieu du crash, alors que les habitués de l’endroit, qui voyaient tous les jours les avions passer en rase-motte par-dessus du Maennelstein, auraient pu le guider rapidement.

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