Aux fêtes de l’amer ségrégationniste.

Ma première visite aux fêtes de la mer de Boulogne-sur-Mer, en 2013, fut à l’image de ce qu’un marin amateur peut espérer de ce genre d’occasion: des beaux bateaux, des chants marins, des ateliers et expos sur les métiers de la mer, des enfants qui découvrent en s’amusant.

Cette année, du 8 au 11 juillet, c’est plutôt aux fêtes de l’amère ségrégation covidienne que nous convient les édiles locales. Le village de tentes du bassin Napoléon est cerné depuis plusieurs jours de grillages et d’agents de sécurité, traçant ainsi l’enclos auquel aura accès une partie de la population, tandis que l’autre devra se frayer un passage entre la route et les grilles, sans pouvoir se joindre à ce qui devrait être une fête populaire.

La communication officielle n’insiste pas plus que cela sur la chose, mais cet article du site de la radio locale Delta Var- pardon, FM, est parfaitement clair:

Quatre jours de fête, de musique, de chants marins, de dégustations et de balades en bateau. Voilà ce qui attend les Boulonnais et les touristes, du 8 au 11 juillet. Organisé tous les 2 ans, l’événement est devenu un incontournable dans le monde des festivités maritimes. Menacée par le coronavirus, la dixième édition aura finalement bien lieu, ont annoncé les organisateurs ce lundi après-midi, précisant que “le pass sanitaire sera obligatoire, dès l’âge de 11 ans” pour pouvoir accéder au village. Autrement dit: il faudra apporter la preuve que vous êtes vacciné, ou un test PCR négatif de moins de 48h.

Une fois entré, le masque sera obligatoire, mais “il n’y aura pas de sens de circulation” a précisé Jean-Claude Etienne, élu chargé de l’organisation. Vous pourrez donc déambuler, goûter les spécialités maritimes et découvrir les métiers du port de Boulogne, au fil des stands répartis sur 1,7km, le long des quais boulonnais.

https://www.deltafm.fr/info-locale/region/pas-de-calais/boulonnais//le-pass-sanitaire-sera-obligatoire-sur-les-fetes-de-la-mer/

« Il n’y aura pas de sens de circulation », presque un cadeau offert pour faire passer le reste, et quel somptueux reste! Car en effet, la majorité des gens de plus de 11 ans n’étant pas vaccinés, et seule une toute petite minorité des moins de 18 ans l’étant, la plupart des enfants n’auront pas accès aux fêtes de la mer. A moins de passer par l’épreuve du test PCR, petite séance de torture et d’humiliation à l’objectivité largement surestimée (1)..

Et c’est là que ca devient marrant, enfin presque (en fait pas du tout): d’abord on teste des gens a priori pas malades, et notamment des enfants, mais on ne teste pas les vaccinés – qui peuvent être tout autant porteurs que des non-vaccinés asymptomatiques. Ensuite, et c’est le pompon, tout le monde doit quand même porter le masque, comme dans les lieux publics denses tels les marchés où, bien évidemment, tout le monde a accès vu que le masque est censé assurer le protection des uns vis-à-vis des autres.

Ce samedi, donc, tout le monde pourra aller au marché place Dalton à Boulogne-sur-Mer, masqué, puis pourra descendre l’un ou l’autre boulevard pour se rendre aux fêtes où tout le monde est également masqué, mais là, dans le seul but de faire plaisir aux débiles, aux psychopathes et aux racailles qui dirigent ce pays, les non détenteurs du fameux pass sanitaire seront refoulés.

La corruption au centre de la dictature sanitaire.

L’absurde et l’arbitraire, comme souvent écrit sur ce blog, sont les mamelles de tout système totalitaire. Nous en voyons ici encore un nouvel exemple sous la forme de fêtes de l’amer ségrégationniste où rien ne justifie une telle mesure. Rien, sauf la manipulation par la peur et par la punition dans le but de placer du vaccin (ou du test PCR) au profit, essentiellement, de l’industrie pharmaceutique.

Il me semble en effet difficile d’expliquer une telle situation sans faire appel à cette corruption, maladie endémique de la Vème république mais particulièrement du Macronisme:

… à mesure que les gouvernements successifs votent loi après loi des projets liberticides, ils se protègent en fait, au lieu de nous protéger les uns des autres, ils se mettent à l’abri des sursauts populaires qui viendraient empêcher l’extension de leurs droits, ceux du président, du gouvernement, de la majorité, de la cour et des sponsors qui accompagnent cet équipage. En donnant à la police, et à ses syndicats au premier chef, une raison sur des revendications irrationnelles et inefficaces du point de vue du bien public, ils croient se prémunir des conséquences de leur exercice antidémocratique du pouvoir, qui n’est pas seulement autoritaire, mais rongé par une corruption endémique, dont la partie immergée est immense. 

https://www.lemondemoderne.media/la-folle-derive-securitaire-du-gouvernement-des-conflits-dinterets/

Certes, la kakistocratie française comme européenne est blindée de crétins qui répéteront ce que le chef a dit de répéter, mais dans le haut du panier la seule bêtise, ou la seule jouissance perverse à jouer ainsi avec la population, ne peut suffire. Et ce d’autant moins que ce dernier épisode, réintroduisant une ségrégation non plus basée, cette fois, sur l’appartenance de classe, de race ou de couleur de peau, mais sur un Ausweis, ne relève d’aucune espèce de rationalité – et c’est bien pourquoi « ils » imposent le port du masque: le pass ne garantit rien du tout en matière de contagion.

Il suffirait donc de demander de porter le masque au sein de l’enclos, et tout le monde pourrait avoir accès sans autre forme de procès. Le fait que cela ne soit pas le cas, ajouté au fait qu’un test PCR coûte à l’Etat entre 50 et 100 euros, qu’une dose de vaccin coûte entre 10 et 20 euros, multipliée par le nombre que l’on fait augmenter via une constante communication anxiogène et menaçante, mène à la conclusion que les « autorités » qui font la promotion du pass sanitaire ont un intérêt à le faire qui dépasse très largement du cadre officiel.

L’effet d’appartenance de classe.

Cela dit, la corruption par Big Pharma ne peut expliquer le discours de tous ces médecins, de tous ces pseudo-journalistes et autres moralisateurs qui occupent les plateaux médiatiques. Leur foi dans l’accès à une immunité collective via la vaccination de masse, tout comme leur foi dans le rôle positif joué par les confinements, ne peut s’expliquer par le seul échange d’enveloppes cachetées. Ils y croient, au moins un peu, et leur socio-professionnelle les incite à suivre le flot afin de s’éviter les désagréments de la navigation à contre-courant.

Heureusement ce n’est pas le cas de tout le monde, comme en témoigne cette petite conférence à l’IHU sur le rapport bénéfice-risque de la vaccination Covid, et sur la notion d’immunité collective:

La plaisance étant une activité pouvant vite coûter (très) cher, les médecins, cadres supérieurs et autres professions libérales à succès y sont sur-représentées. De manière générale je pense que l’on peut établir une règle de proportionnalité entre la taille/valeur du navire et l’adhérence au dogme de l’autorité, du fait justement que c’est la coopération avec l’autorité – tellement intégrée qu’elle en devient « naturelle » – qui garantit à cette classe la continuité de son train de vie, qui lui évite toute fracture sociale ou professionnelle, tout déshonneur que serait un rappel à l’ordre par son institution de tutelle ou autre ordre des médecins. Sortir du rang, surtout s’il est doré, n’est pas donné à tout le monde.

Sur un autre ponton certains vivent mal le sentiment d’oppression, voire de trahison, du principe républicain, là où la liberté et l’égalité sont censées représenter des valeurs supérieures à celle du bénéfice de Big Pharma. L’attrait de la mer, souvent, va de pair avec une recherche de liberté associée à l’esprit de responsabilité – la bêtise y est vite fatale – et imposer un pass sanitaire adossé à la propagande vaccinale infantilisante n’augure rien de bon en termes de participation.

Miracle à la Foire de Tours!

Je présume, mais c’est une hypothèse, que l’imposition de ces règles débiles est surtout le fruit de la volonté des grandes casquettes préfectorales, ces vecteurs tout-puissants de la volonté du monarque qui furent abolis à la Révolution, mais réinstallés par Napoléon. Une hypothèse fondée sur l’exemple de la Foire de Tours, dont la 100ème édition est en cours actuellement, manifestation de taille comparable à nos fêtes boulonnaises. La préfecture y avait donc imposé, dans sa belle tradition de débilité punitive, le pass sanitaire et le masque. Affluence à la Foire le premier jour: 40 personnes, soit 4% du volume attendu de 1 000 personnes (2).

Suite à cela, une fronde des exposants et des organisateurs va obliger la préfecture à laisser tomber l’infâme passeport, avec pour résultat immédiat le retour du public. Comme quoi la dictature sanitaire peut être combattue, non pas en arguant du bien public dont se foutent complètement ces technocrates, mais du fait que la seule préoccupation véritable d’un Préfet est sa carrière, et que se voir attribuer l’échec cuisant d’un grand événement, surtout commercial, fait tâche sur le CV. Dont acte. Je garde le mince espoir d’un phénomène similaire ici à Boulogne…

Au cœur de l’iatrogénèse.

Tout ceci nous ramène encore une fois à ce concept développé par Ivan Illich (3) et souvent cité sur ce blog: l’iatrogénèse institutionnelle, où la tendance inhérente à l’institution – et en particulier l’institution médicale – est de sortir de son rôle de service au public pour mettre le public à son service. On peut prendre pour exemple les tests de dépistage du cancer du sein, du colon ou de la prostate, qui au départ relèvent d’une volonté légitime de prévenir des formes graves par une détection précoce, mais qui servent en réalité les intérêts mercantiles de l’industrie médicale et pharmaceutique.

La chasse aux « cas » via les tests PCR (4) et la promotion outrancière de la vaccination de masse sortent du même tonneau. L’individu n’existe plus, le malade n’existe plus en tant que personne mais seulement sous forme de statistique. Il n’est plus qu’un rouage au sein d’un vaste système dont la seule éthique est sa propre croissance, ce qui passe en général par la maximisation des privilèges de ses cadres supérieurs. Ceux-là mêmes qui ne peuvent comprendre que l’on ne se soumette pas à leurs injonctions et vous traitent alors d’irresponsables, de fachos ou de complotistes, selon l’humeur.

Un nouvel apartheid?

Une fête populaire ségrégationniste est quelque chose que la plupart d’entre nous n’auraient pu imaginer se passer ici, en France ou en Europe, au XXIème siècle. A titre personnel je n’arrive toujours pas à visualiser des enfants accrochés aux grilles à l’extérieur de l’enclos, regardant d’autres enfants, a priori vaccinés ou testés, profitant des animations. Pour une maladie dont ils ne craignent rien, et à l’encontre de décennies de progrès social sacralisant l’intérêt supérieur de l’enfant (5).

Des enfants néanmoins touchés par une maltraitance commune, avec d’un côté des cobayes pour un vaccin à ARNm encore expérimental dont on ignore tout sur les effets à long terme sur les jeunes, de l’autre des margats interdits de fête sans l’ombre d’une raison recevable. Un petit tour en mer va s’imposer, histoire de vomir tranquillement.

Liens et sources:

(1) https://www.20min.ch/fr/video/une-etude-allemande-remet-en-cause-lutilite-du-test-pcr-492479656031?fbclid=IwAR3C0gnYO4VWmGWzVicftLqfz9454GKp-WcrORH03jZbtOKe_EJ9e_1a_9c

(2) https://www.francebleu.fr/infos/economie-social/enieme-revirement-a-la-foire-de-tours-plus-de-pass-sanitaire-apres-la-fronde-des-exposants-1625245105

(3) https://zerhubarbeblog.net/2020/09/18/ivan-illich-et-la-fin-de-lhumain-singulier/

(4) https://zerhubarbeblog.net/2020/10/05/covid-19-tests-pcr-et-faux-positifs/

(5) https://zerhubarbeblog.net/2021/05/18/vaccins-covid-pour-enfants-limmonde-racket/

A propos Vincent Verschoore

Animateur de Ze Rhubarbe Blog depuis 2008.

5 réponses

  1. Première visite, pour voir, aux fêtes de la mer version carcérale. Bassin Napoleon et quai Gambetta entièrement grillagés, y compris la passerelle. Les « impurs » traversent sur la route. 4 ou 5 entrées lourdement gardées où l’on vérifie l’Ausweis sanitaire.

    A l’intérieur, c’est évidemment sympa avec les stands, la zik etc… Pas foule, mais pas vide non plus. Et masque obligatoire, ce qui dans un monde sain d’esprit rendrait caduque le pass sanitaire…

    Est-ce cela, le monde d’après? Une confrontation constante avec l’absurde et la ségrégation ? Car comme il n’y a pas de raison d’imposer ce pass, il n’y aura pas non plus de raison de l’enlever.

    Chaque visiteur, scannant docilement son QR code, peut donc être tracé sur n’importe quelle manifestation. C’est d’ailleurs le seul objectif rationnel d’un tel système.

    Du pain et des jeux. Flippant. Grave.
    #boulognesurmer #PassSanitaire

  2. 1/1 Apocalypse 13:17
    Et elle fit que tous, petits et grands, riches et pauvres, libres et esclaves, reçussent une marque sur leur main droite ou sur leur front, 17et que personne ne pût acheter ni vendre, sans avoir la marque, le nom de la bête ou le nombre de son nom.

  3. Thomas

    Il faut bien votre talent d’écriture pour nous permettre de nous tenir informés de ce genre de manifestation dystopique sans avoir à le faire via les medias de masse plus que jamais en mode photocopie.

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