Macron et la marque de la Bête.

Un an après, je regarde cette interview d’Emmanuel Macron (en français) par Financial Times, le journal de référence des banquiers. Contrairement aux allocutions franco-françaises de Macron où l’on ne voit qu’un pervers narcissique s’adressant à une bande de demeurés, cette interview est « écoutable » et permet de mesurer la distance entre la vision macroniste de l’époque, et la réalité actuelle.

Il parle, entre autres, de la légitimité d’imposer des mesures brutales (confinements) afin de sauver des vies, argument fallacieux s’il en est (1), mais reconnait également l’hypocrise du libéralisme économique se réfugiant dans les bras de l’Etat dès que cela va mal. Il reconnait aussi l’hypocrise politique des pays de l’UE, pro-UE quand ça les arrange, et contre l’UE dès lors qu’il s’agit de faire œuvre de solidarité, comme avec la répartition des migrants, ou avec matériel sanitaire, genre masques, que les pays se disputaient comme des hyènes sur le cadavre des premiers covidiens.

Macron et la Bête.

La chose pend une tournure plus édifiante à la 20ème minute, où Macron fait référence à l’arrivée de la Bête de l’Apocalypse. Elle arrive, et (selon Macron) il faut la combattre sans rien concéder de nos principes de démocratie et de liberté, mais « en même temps » accueillir les transformations qu’imposerait son avènement.

Un petit détour par la s’impose donc, histoire de se remémorer contexte. Le passage où il en est question dit ceci :

« Et elle fit que tous, petits et grands, riches et pauvres, libres et esclaves, reçoivent une marque sur leur main droite ou sur leur front, et que personne ne puisse acheter ni vendre, sans avoir la marque, nom de la bête ou le nombre de son nom » .

(Apocalypse 13:16-17)

Quelle meilleure définition d’un QR code que marque, nom et nombre?

Qui est la bête de l’Apocalypse?

Revenons sur la présentation biblique de la Bête:

L’apôtre Jean, choisi par Dieu pour écrire livre de l’Apocalypse, vit l’avenir dans une vision. Voici ce qu’il écrivit à propos de la « bête » : « Et il se tint [une meilleure traduction est en fait « je me tins »] sur le sable de la mer. Puis je vis monter de la mer une bête qui avait dix cornes et sept têtes, et sur ses cornes dix diadèmes, et sur ses têtes des noms de blasphème. La bête que je vis était semblable à un léopard ; ses pieds étaient comme ceux d’un ours, et sa gueule comme une gueule de lion. Le dragon lui donna sa puissance, son trône, et une grande autorité. » (Apocalypse 13:1-2).

Pour comprendre ce que représente cette bête décrite dans l’Apocalypse, il importe de consulter Daniel 7:1-8, où quatre animaux – représentant les quatre grands empires mondiaux dans l’histoire – sont décrits. Il y est question d’un lion (Babylone), d’un ours (l’empire perse), d’un léopard (l’empire gréco-macédonien) et d’un quatrième animal (l’empire romain).

Le quatrième animal décrit par Daniel et par l’apôtre Jean a « dix cornes », et l’une de ses têtes est « comme blessée à mort », mais avant la fin de l’ère présente, « sa blessure mortelle [sera] guérie » (Daniel 7:7-8 ; Apocalypse 13:1-3). Cet empire est la « bête » décrite dans l’Apocalypse. Il importe également de noter que le dirigeant humain de cet empire ressuscité est aussi appelé la bête (Apocalypse 19:20). La marque de la bête est la marque ou le signe identifiant cet empire. 

L’Apocalypse indique que le dragon donne son pouvoir et son autorité à la bête. Ce dragon est Satan, le diable (Apocalypse 12:9 ; 20:2). Satan se sert de cette bête pour diriger et séduire le monde.

La Bible indique que la marque de la bête sera imposée au monde de manière imprévue, avant le retour de Jésus-Christ. Les gens ne se rendront pas compte qu’il s’agit de suivre les enseignements d’un faux système religieux. Dieu donne, à ceux qui lisent la Bible et la croient, un choix évident.

http://vieespoiretverite.org/propheties/apocalypse/marque-de-la-bete/?fbclid=IwAR25dwqq1Fjls0Kl-PQo-lAEdoBq8aqm79n7TTPlBMVBQHY9GIo8x7Z9CMc

Il est sans doute nécessaire de passer par une interprétation théologique de la marque de la Bête car, si Macron y fait référence, et y voit une forme d’opportunité pour une transformation du monde, ce n’est sûrement pas par accident.

Faut-il pour autant en revenir aux histoires de dieux pour comprendre ce qui nous arrive? Certes, il paraît que le 21ème siècle sera spirituel ou ne sera pas, mais le spirituel n’a ni besoin des dieux ni des bêtes, du moins pas celles-là. Ces dieux bibliques, que l’on pourrait croire relégués à la frange religieuse et aux régimes théocratiques, sont sans doute plus présents dans l’imaginaire politique laïc que ce que l’on aimerait penser.

Ceci rappellera aux lecteurs de ce blog l’article intitulé « Les Dieux criminels » (2), en référence au livre de Antoine Fleyfel cherchant à expliquer la nature profonde des guerres du Moyen-Orient par l’eschatologie (la vision théologique de la fin du monde). Un livre passionnant.

De l’Apocalypse au Grand Reset?

La transformation apportée par la confrontation avec la Bête, que Macron identifie comme un mix de terrorisme, de crise climatique et de pandémie, est précisément décrite par Klaus Schwab, le maître de Davos, dans le fameux opuscule The Great Reset, dont ce blog s’est fendu d’une petite présentation (3):

Le reste, c’est l’idée – développée dans The Great Reset – de modifications profondes dans nos modes de gestion de l’économie, des relations internationales, et des relations sociales et humaines. Modifications au sein desquelles les gouvernements seraient amenés à prendre un contrôle bien plus fort sur l’économie afin de réduire les inégalités, afin de réduire la dépendance à de longues « chaines de valeur » dont la plupart passent par la Chine, afin de garantir une sécurité économique et sanitaire à l’ensemble de la population.

Cette proposition, relevant d’un socialisme régionaliste parfaitement défendable en soi, se base sur l’idée d’une gouvernance bienveillante, honnête et soucieuse de l’intérêt général. Et c’est là où ça coince car, si la crise covidienne a bien montré une chose, c’est l’ampleur de la corruption, de l’ineptie, de l’incompétence, de la psychopathie et de l’opportunisme dictatorial de ces élites gouvernantes et technocratiques.

https://zerhubarbeblog.net/2020/12/04/de-quoi-the-great-reset-est-il-le-nom/

Le Covid, un narratif religieux.

La Bible assimile ceux et celles refusant la marque de la bête à des saints, qui « recevront la vie éternelle et régneront avec Christ à Son Second Avènement (Apocalypse 20:4) ». Nous n’en demandons pas tant, mais ceci illustre le caractère éminemment religieux du schisme imposé par le clergé covidien entre croyants et infidèles, infidèles qu’il faut convertir ou excommunier. Et de fait, le covidisme s’emploie à d’abord convertir, puis excommunier, par la privation de travail ou d’accès à de nombreuses facettes de la vie « normale », ces infidèles érigés en assassins en puissance.

Le scientisme faisant office de guide spirituel pour ce clergé et ses croyants, seul l’argument d’autorité fait foi et seule l’hypocrisie fait loi. Sous couvert de sacrifice au bénéfice de la communauté, la vaste majorité des croyants ne se « sacrifient » que pour leur propre confort et intérêt, ou au titre de leur propre peur.

La marque de la Bête, le QR code, sert alors à identifier ces croyants, à les rassembler dans les temples de la consommation à l’abri des infidèles, et à les soumettre à la volonté de cette Bête qui a pour forme moderne non plus les empires de Rome, de la Perse ou d’Athènes mais les empires commerciaux, médiatiques et financiers, des Gafam à Big Pharma en passant par le complexe militaro-industriel et le système financier.

Macron et les gens comme lui, sous couvert de discours martiaux face à l’avènement de la Bête, en sont en réalité les serviteurs. Et c’est à ce titre que l’interview avec le FT, un an après, prend toute sa saveur…

Liens et sources:

(1) https://zerhubarbeblog.net/2020/12/28/desastre-des-politiques-de-confinement/

(2) https://zerhubarbeblog.net/2018/09/11/les-dieux-criminels-au-coeur-des-conflits/

(3) https://zerhubarbeblog.net/2020/12/04/de-quoi-the-great-reset-est-il-le-nom/

A propos Vincent Verschoore

Animateur de Ze Rhubarbe Blog depuis 2008.

6 réponses

  1. Si les ségrégationnistes pouvaient lire ceci…

    « Le délire collectif paranoïaque est celui qui structure le régime totalitaire. C’est l’explication psychopathologique du totalitarisme, qui selon ses critères politiques, ne saurait se réduire à une dictature, un despotisme, ou encore, une tyrannie : ambition de la domination totale, monopole des médias de masse et du corps policier, direction centrale de l’économie, persécution des opposants et de toute critique, système de surveillance d’individus, encouragement aux délations, logique concentrationnaire orchestrée sur la terreur, politique de la table rase, idéologie mouvante construite sur le clivage entre bons citoyens et mauvais citoyens, sur l’ennemi (visible ou invisible) et la pureté. »
    https://www.arianebilheran.com/post/totalitarisme-ideologie-et-paranoia-ariane-bilheran

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