Sars-CoV-2, ADE et 3ème dose, un mélange explosif?

Cela fait seulement une dizaine d’années que le phénomène immunitaire généralement présenté sous l’acronyme ADE (antibody-dependent enhancement), en français « facilitation dépendante des anticorps », est décrit dans la scientifique. Ce phénomène, notamment observé dans le cas des infections virales de la dengue et de la PIF du chat, est causé lorsque certains anticorps, acquis via une précédente infection ou un vaccin, se transforment en alliés du virus et augmentent sa capacité infectieuse et sa virulence.

Dans le cas de maladies virales « facilitées » par un ADE, ce phénomène peut entraver le développement d’un vaccin, car ce dernier peut justement provoquer la production d’anticorps qui, via l’ADE, aggraveraient ensuite la maladie contre laquelle le vaccin a été conçu. L’hypothèse de la facilitation implique, par exemple dans le cas de la dengue, que l’industrie pharmaceutique produise un vaccin tétravalent, beaucoup plus difficile à concevoir. Ainsi les candidats vaccins contre le virus de la dengue et contre le virus de la péritonite infectieuse féline (un coronavirus qui infecte le chat) ont dû être abandonnés car ils provoquaient une telle réaction.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Facilitation_de_l%27infection_par_des_anticorps

et Covid-19

Le lien entre les formes graves de Covid-19 et la présence d’un phénomène est désormais une question centrale. La réalité de ce lien est supportée par plusieurs facteurs: la similarité entre le virus de la PIF du chat et le Sars-coV-2, la gravité du Covid chez certaines personnes non-vaccinées avec des anticorps acquis suite à l’infection par d’autres coronavirus (type rhume), et la gravité du Covid chez certaines personnes complètement vaccinées.

Selon les termes de Jean-Marc Sabatier, Directeur de recherches au CNRS et Docteur en Biologie Cellulaire et Microbiologie, affilié à l’Institut de NeuroPhysiopathologie (INP), à l’université d’Aix-Marseille:

Nous avons vu en effet que le coronavirus de la PIF (péritonite infectieuse féline) du chat présentait de fortes analogies avec le coronavirus SARS-CoV-2 responsable de la Covid-19 chez les humains. Nous avons vu également que non seulement les essais de vaccination du chat avec une souche avirulente de la PIF ne protègent pas les chats vaccinés mais, au contraire, favorisent l’infection du chat exposé ultérieurement à une souche virulente du virus de la PIF.

Ces données montrent l’existence (dans ce cas) d’un phénomène appelé « ADE » (antibody-dependent enhancement » (« facilitation dépendante des anticorps »). Dans ce mécanisme, des anticorps « facilitants » sont présents. Ceux-ci se fixent sur le virus de la PIF et facilitent l’infection des cellules par le virus. En effet, les cellules phagocytaires (monocytes, macrophages, cellules dendritiques…) possèdent un récepteur (appelé FcgRIIa) capable de reconnaître les anticorps fixés à la particule virale, ce qui permet l’infection de ces cellules par internalisation du complexe virus-anticorps.

L’ « ADE » dans les infections respiratoires est inclus dans une catégorie plus large appelée « ERD » (« enhancement respiratory diseases » = « facilitation des maladies respiratoires ») qui comprend également des mécanismes non basés sur des anticorps (tels que les orages de cytokines et l’immuno-pathologie à médiation cellulaire) qui favorisent le processus infectieux et les effets délétères du virus.

Il a été récemment mis en évidence une proportion anormalement élevée de personnes vaccinées contre SARS-CoV-2 présentant des formes plus graves de la Covid-19, que lors d’une infection virale de personnes non vaccinées.
Par analogie avec le virus de la PIF du chat, il apparaît envisageable que le phénomène « ADE » (ou « ERD » en général) se retrouve lors de la vaccination contre le SARS-CoV-2.

https://infodujour.fr/societe/51630-covid-19-limites-des-vaccins-et-gros--des-rappels

La réponse immunitaire et les variants du Sars-CoV-2

Ce même Dr Sabatier et le Pr Jacques Fantini (Professeur de Biochimie et Biologie Moléculaire à l’Université d’Aix-Marseille), viennent de publier une étude (1) « sur les régions de la protéine spike du SARS-CoV-2 reconnues par les anticorps « neutralisants » (qui bloquent l’infection en empêchant le virus de se fixer sur les cellules-cibles humaines) et les anticorps « facilitants » (qui au contraire facilitent l’infection des cellules par le SARS-CoV-2 et augmentent son infectivité selon un phénomène appelé « ADE »). », ainsi résumée:

En analysant près d’un million de génomes du SARS-CoV-2 décrits dans la banque de données de Los Alamos (juin à octobre 2021), nous avons découvert que les régions de la protéine spike reconnues par les anticorps « neutralisants » sont très variables, tandis que les régions de la protéine spike reconnues par les anticorps « facilitants » sont conservées chez tous les variants connus actuellement en circulation. Ainsi, il apparait que l’évolution du SARS-CoV-2 a considérablement affecté l’équilibre « neutralisation/facilitation » qui est aujourd’hui en faveur de la facilitation (phénomène « ADE »).

Plus précisément, cette étude d’ moléculaire couplée à une analyse structurale des protéines spike indique que l’équilibre entre les anticorps « facilitants » et « neutralisants » chez les personnes vaccinées est en faveur de la neutralisation pour la souche virale « Wuhan » initiale ainsi que pour les variants « alpha » et « bêta » du SARS-CoV-2, mais pas pour les variants « gamma », « delta », « lambda » et « mu »

Le phénomène « ADE » est un cas typique car s’il est bien connu pour les virus animaux et de nombreux virus humains, dont les coronavirus SARS-CoV-1 et MERS-CoV, certains scientifiques pensaient que le SARS-CoV-2 pouvait échapper à cette règle. De fait, les premiers retours sur la vaccination n’ont pas mis en évidence de problème d’« ADE » tels que l’on en avait rencontré, par exemple, lors des campagnes de vaccination contre le virus de la dengue.

Nos résultats donnent une explication à ce paradoxe, en mettant en lumière un rôle jusqu’alors inconnu de la mutation D614G (un résidu d’acide aspartique remplacé par un résidu de glycine en position 614 de la chaîne peptidique de 1273 résidus d’acides aminés de la protéine spike du SARS-CoV-2) dans cet échappement. Maintenant que le variant « delta » (et ses sous-variants) sont bien établis, il apparait vital de surveiller ces phénomènes d’« ADE » dans un contexte particulièrement défavorable : perte progressive de l’immunité induite par les deux doses de vaccins dirigés contre la protéine spike de la souche virale « Wuhan » d’origine, face à des variants qui ont par contre conservé les régions reconnues par les anticorps « facilitants ».

Dans ce contexte, une 3ᵉ dose vaccinale apparaît-elle adaptée à la situation ? Il semblerait que non, avec un rapport « bénéfice/risques » défavorable.

Une nouvelle formulation des ARNm serait-elle indiquée ? Il semblerait que ce soit possible dans un futur plus ou moins proche.

https://etouffoir.blogspot.com/2021/11/vaccins-dangers-immediats-et-long-terme.html?m=1&fbclid=IwAR3HeWboDyQ7Q9kQWeR7QgzC4tCUWGnb7XGWs33sWTN5w3k4O5ogaEC7ozs

Le site Reinfocovid a également un dossier sur le sujet:

Des études suggèrent que les vaccins anti-Covid peuvent déclencher une réaction immunitaire chez certaines personnes, qui pourrait les amener à développer des symptômes plus graves en cas d’exposition au virus sauvage que si elles n’avaient pas été vaccinées

https://reinfocovid.fr/science/les-phenomenes-daggravation-dependante-des-anticorps--et-la-covid-19/

Résumons.

Un phénomène récemment identifié dans certaines infectons virales, dit ADE, renforce négativement le virus par le biais d’anticorps dits « facilitants ». Ce phénomène est soit lié à une première infection ayant généré des anticorps, qui sont « dévoyés » par une nouvelle infection par un variant du virus initial, soit par un vaccin qui, développé pour protéger contre l’infection initiale (ici, la souche « Wuhan » du Sars-CoV-2), a un effet opposé suite à une infection avec le variant (ici, le Delta).

Dans ce contexte, la vaccination avec les vaccins actuels aurait un rapport bénéfice-risque négatif, et a fortiori pour les récipients d’une troisième dose. Pour limiter ce risque, il serait nécessaire de développer un nouveau vaccin prenant en compte la des variants actuels, et notamment le Delta.

Quelle réaction des « autorités »?

Au moins deux facteurs s’opposent à ce développement: d’une part le besoin d’écouler les stocks massifs déjà achetés par les pays à haut taux de vaccination, d’autre part l’impossibilité politique, pour les régimes ayant tout misé sur la vaccination, de reconnaître l’existence d’un tel risque.

On préférera confiner, masquer, faire de la ségrégation et imposer le vaccin par la force, dans une fuite en avant qu’une population anesthésiée par près de deux ans de propagande ne semble pas avoir les moyens d’arrêter (2).

Liens et sources:

(1) https://www.researchsquare.com/article/rs-1054360/v1

(2) https://fr.news.yahoo.com/covid-19--confinement-g%C3%A9n%C3%A9ral-112300946.html

A propos Vincent Verschoore

Animateur de Ze Rhubarbe Blog depuis 2008.

10 réponses

  1. Benoit SOUBEYRAND

    Cher Monsieur,

    Je lis toujours avec plaisir ce que vous écrivez et suis très souvent impressionné par vos textes autant sur le fond (d’un très bon niveau alors que ce n’est pas forcément votre domaine, généralement étayé par des données solides) que par la forme (votre style). C’est la valeur de votre blog.
    La qualité du billet ci-dessus sur l’ADE dénote avec cette de votre production habituelle. La question de l’ADE avec les vaccins est très connue et depuis bien plus longtemps que ce que vous mentionnez. Elle a été une des préoccupations initiales principales du développement des vaccins COVID. Votre texte contient beaucoup d’erreurs scientifiques factuelles. Des allégations aussi graves que  » Il a été récemment mis en évidence une proportion anormalement élevée de personnes vaccinées contre SARS-CoV-2 présentant des formes plus graves de la Covid-19, que lors d’une infection virale de personnes non vaccinées. » ne sont pas étayées par des données, qui d’ailleurs à ma connaissance, n’existent pas (si vous les avez, je suis preneur). Vos références ne renvoient pas à des preuves mais à des déclarations de personnes qui ne sont visiblement pas des experts du domaine.
    Je pense que vous discutez une hypothèse qui mérite effectivement de l’être et qui doit faire l’objet de recherche clinique et fondamentale. Elle incite également de mon point de vue à une utilisation beaucoup plus raisonnée des vaccins que celle qui en est actuellement faite.
    Finalement, il est dommage que l’absence de rigueur dans votre traitement du risque d’ADE avec les vaccins COVID-19 décrédibilise une vraie question car cela est contre-productif.
    Cordialement,
    Benoit Soubeyrand

      1. Benoit SOUBEYRAND

        Cher Monsieur, je n’ai pas vu la référence de « l’étude publiée sur researchgate semble sérieuse », Pouvez-vous me transmettre les références ? vifs remerciements ; benoitsoubeyrand@gmail.com

  2. UBU_53

    Afin d’arrêter la psychose
    Il faut vraiment être d’une ignorance crasse en immunologie pour affirmer que le vaccin protège davantage que la maladie naturelle ….
    Tous les vaccins, tous, doivent être renforcés par des rappels car l’immunité conférée par un vaccin diminue dans le temps
    Quand vous avez fait une rougeole, varicelle, oreillons … etc vous ne le referez jamais une deuxième fois dans votre vie, l’immunité est acquise et définitive … (sauf immunodépression)
    Le covid ou la grippe sont comparables
    L’immunité conférée par la maladie naturelle c’est 3 à 5 mois
    Il n’y a aucune raison que l’immunité conférée par le vaccin dure davantage, aucune raison … sauf politique
    Quand à parler d’immunité collective …. pour des maladies aussi peu immunisantes, il faut bien être énarque, pas médecin (ou être « médecin » ministre qui a oublié son serment d’Hippocrate)
    A mon humble avis de médecin (ignorant) cette histoire de covid est politique, uniquement politique
    Quand on assiste, quel que soit le pays aux mêmes comportements hémisphère nord et sud, quand on assiste à la destruction systématique et organisée des hôpitaux (France, Belgique, Québec, Suisse …. etc) confondus il est manifeste que nos politiques ne sont que des girouettes qui ne font que d’appliquer les ordres reçus de …. la finance … la mondialisation …. USA, Gates, Soros ….
    Vouloir à ce point la destruction systématique de tout ce qui a structuré nos démocraties n’est que la preuve que nos politiques font de la figuration et ne gouvernent rien du tout y compris le président
    Quel ,est le débile mental profond qui aurait dit:
     » GOUVERNER C’EST PREVOIR « 

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