Covid-19 en France, ze Toubiana papers.

J’imagine que si Laurent Toubiana a choisi l’Artilleur comme maison d’édition pour son livre « Covid-19, une autre vision de l’épidémie », c’est connaissance de cause car il bombarde velu. On est pas déçu, en effet, avec cette démonstration, par un professionnel reconnu de l’épidémiologie issu de l’Inserm, de l’inanité des mesures « anti-covid » prises par un régime inepte et psychopathe depuis mars 2020.

Ecrit dans un langage et un style très accessibles, le livre pose d’emblée les bases: son but est de débunker le narratif officiel et de réécrire l’histoire de la séquence Covid à partir de la réalité épidémiologique,

L’histoire d’une séquence où tout était visible dès son commencement, mais que nos dirigeants n’ont pas voulu voir, trop occupés à prétendre guerroyer contre ce virus tout se saisissant de cette opportunité pour mettre en place des mécanismes d’ingénierie sociale et porter atteinte à nos droits fondamentaux en allant jusqu’à détruire certains de nos principes et transformer notre conception de la vie en société.

Donc nous avons beaucoup agi, ou plutôt gesticulé à grands frais, nous avons fait du bruit, nous avons fait peur, nous avons enfermé tout le monde, mais nous avons agi « sans savoir » puisque nous avons, après coup, « beaucoup appris » !» C’est une interprétation très spéciale du principe de précaution « in dubio pro malo » car il s’applique principalement aux autorités qui le mettent place et qui donc se protègent, mais malheureusement pas aux populations qui le subissent.

Au-delà de l’incompétence, ce « Nous avons beaucoup appris » est très grave car c’est déjà une forme de plaidoirie pour un classement irresponsabilité : « Ce n’est pas de notre faute car personne ne savait ». Puisqu’ils ne savaient pas, cela veut-il dire que personne ne savait ? Dans la mesure où ils sont d’essence jupitérienne, ils savaient donc tout ce qu’il était possible de savoir ? D’autres savoirs ne pouvaient être crédibles …

Ainsi j’apporterai la preuve que les autorités sanitaires ne peuvent ignorer l’impact limité de l’épidémie au moment même où ils décident de la mise place de dispositifs disproportionnés pour lutter contre elle.

toubiana, laurent. covid 19 – Une autre vision de l’épidémie : Les vérités d’un épidémiologiste (French Edition) (p. 13). L’artilleur.

Contexte scientifique et Irsan.

Le cadre ainsi posé, le livre nous introduit à l’épidémiologie et pose les bases de la légitimité de son auteur, et notamment son implication depuis 1992 dans les systèmes de surveillance épidémique, avec la création de l’Irsan 2014 pour le suivi de certaines pathologies à partir des données des médecins.

C’est sur base des données remontées du terrain via l’Irsan (1) que Laurent Toubiana comprends, très tôt, que le Covid est une virose peu létale qu’il faut traiter « normalement », ce quoi il s’oppose frontalement au discours alarmiste officiel de Santé publique France, une répétition de ce qu’il s’était passé lors de l’épidémie de grippe de 2014-2015.

Toubiana démontre, chiffres à l’appui, que comme 2014-2015 la supériorité analytique de l’Irsan donne des évaluations précises et des prédictions correctes des dynamiques Covid, loin de la lourdeur et des modélisations au doigt mouillé de Santé publique France, mais c’est cette dernière qui décide des mesures.

17 mars 2020, début de la spirale infernale.

L’auteur est abasourdi par la décision du confinement du 17 mars 2020, d’autant qu’il sait que la « vague » est proche de son pic et qu’il est bien trop tard pour ce genre de mesure. Il sait que les prédictions de quelques 500 000 morts si l’on ne confine pas, prédictions issues de modèles bricolés très sensibles aux conditions initiales, sont parfaitement absurdes. La spirale infernale est enclenchée.

Le 16 avril 2020, L’Irsan publie son second article sur le Covid, intitulé « COVID-19 : L’épidémie en France depuis 1 semaine », dont la conclusion est la suivante:

Dans notre note datée du 11 mars 2020 (6 jours avant la date du confinement), sur les 50 jours de données chinoises (les seules dont nous disposions), nous remarquions que l’épidémie de COVID-19 laissait apparaître un comportement dynamique similaire à celles des épidémies virales en période hivernale. Les données dont nous disposons aujourd’hui après 6 semaines de suivi épidémique en Europe, semblent confirmer nos hypothèses.

https://covid.irsan.eu/fr/documentation/index/voir/4-Analyse-du-16-avr-2020-:-L%E2%80%99%C3%A9pid%C3%A9mie-en-d%C3%A9croissance-en-France-depuis-1-semaine

Parenthèse: Au même moment ce blog, comme d’autres publications non alignées au narratif catastrophiste des bénéficiaires de la peur, publiait des articles issus d’études sérieuses, notamment par l’épidémiologiste américain John Ioannidis, démontrant l’inanité des confinements, l’aberration des chiffres utilisés par les régimes incarcérationnistes pour les justifier, et le coût économique et social majeur que cette folie entrainait (2). Je ne connaissais par l’Irsan à l’époque, mais la conjonction assez parfaite entre mes propres publications et l’analyse de Toubiana est réconfortante, il faut bien le reconnaître.

Le délire des masques, des tests et des « vaccins ».

Le livre fait le tour des éléments clés de la « crise Covid »: confinements, masques, tests, et vaccins. Laurent Toubiana s’en prend aux mesures de masque obligatoire en extérieur, en expliquant leur inutilité physique dans ces conditions, sauf à passer au FFP2.

Il explique l’absurdité du dépistage de masse, au sens où un « cas » indique normalement un malade, mais que cette politique n’a fait que créer une épidémie de faux « cas », c’est-à-dire de gens positifs mais non malades, et dont le seul but était d’entretenir l’angoisse et de justifier les mesures débiles que l’on sait.

Sur la question des vaccins, il considère ces « injections expérimentales » à doses multiples et effets secondaires mal cernés, développés à la va-vite, comme une aberration de plus, sans même parler du pass sanitaire / vaccinal:

Rendre la « vaccination » obligatoire au motif qu’un « virus circule » tient donc de l’irrationnel, de la pensée magique, d’une idéologie sanitaire non éloignée de l’hygiénisme. Cette « vaccination » obligatoire constitue l’ultime violence qu’un pouvoir politique impose à une population.

toubiana, laurent. covid 19 – Une autre vision de l’épidémie

Le mythe de la surmortalité Covid.

Il explique, chiffres à l’appui, en quoi le Covid n’a pas engendré de surmortalité chez les moins de 65 ans, et une très légère surmortalité chez les +65 ans. L’âge médian des personnes décédées du Covid est de 85 ans:

Avec une période de référence de 5 ans (incluant des années à fortes et faibles mortalités de manière plus équilibrée), le différentiel total de mortalité passe à 14 850 (2,32 %) décès en excès. Les moins de 65 ans ont toujours sous-mortalité qui passe à – 1,74 % et la classe d’âge supérieure à 65 ans, on observe un excès de 16 496 décès par rapport à l’attendu soit une surmortalité de 3,02 % par rapport à l’attendu en 2020.

toubiana, laurent. covid 19 – Une autre vision de l’épidémie

L’arnaque de la soi-disant saturation des hôpitaux.

Il attaque violemment tout le narratif sur la saturation des hôpitaux et les menaces de « tri », expliquant – toujours chiffres à l’appui – en quoi l’effet Covid sur le système hospitalier était parfaitement gérable, et ne justifiait en rien les mesures de report des opérations de dépistage ou de soins qui eurent, elles, de réels effets sur la santé de la population:

Le nombre de patients et de séjours en services de réanimation toutes causes (donc indépendamment des patient Covid) ont augmenté en 2020. En particulier, pendant les deux phases critiques de l’épidémie de Covid en 2020. Lors du mois de mars les séjours en réanimation ont augmenté de 9  % par rapport à 2019 et lors du mois de novembre 2020, de 12  %.

Mais sur toute l’année 2020, l’augmentation moyenne est de 2,9  % par rapport à 2019. Il s’agit donc autant sur l’année que sur les mois critiques de l’épidémie, d’une augmentation faible. Il faut prendre en considération que cette augmentation a lieu dans un contexte de déprogrammation et de non prise en charge massive, ce qui explique que lorsque les patients arrivent à l’hôpital, leur état est considérablement dégradé et nécessite un recourt aux services de réanimation indépendamment d’une éventuelle contamination par le Covid.

Ainsi il est remarquable que le seul chiffre hospitalier qui ait augmenté est celui des séjours en services de réanimation toutes causes. Tous les autres chiffres ont baissé, y compris ceux qui concernent les autres soins critiques. Parmi l’ensemble des patients en réanimation, les patients Covid n’ont représenté que 11  %.

toubiana, laurent. covid 19 – Une autre vision de l’épidémie

Un regard sur les techniques de manipulation.

Le livre donne des chiffres et des analyses rationnelles sur les différents aspects de la situation, mais Laurent Toubiana développe également la critique plus « politique » de la chose: comment une telle aberration a-t-elle été possible (et ce n’est pas fini), comment tout un peuple, ou presque, s’est-il laissé manipuler à ce point? Il reprend l’argument classique de la gestion par la peur et la sidération, et je cite ici le passage in extenso:

L’attention était fixée sur une situation difficile et urgente. L’isolement forçait à l’introspection. Toute information pouvant contredire celles de l’autorité était systématiquement éliminée. Toute action d’insoumission était punie (par exemple, par des amendes pour non-respect du port du masque dans la rue).

La peur et la confusion ont affaibli la capacité de réflexion et la volonté de résistance, qu’elle soit physique ou mentale. Les médias ont envoyé en permanence des signaux négatifs générant anxiété, stress et désespoir. Les menaces latentes ont été très fortes : menace de fermer les entreprises, menace de contraventions, menace d’extension de quarantaine, menace de vaccination obligatoire, menace de non prise en charge des soins, menace de tri pour les services de réanimation hospitaliers, menace de suspension pour les professionnels de santé (et mise en application).

Menace d’autres confinements pour faire accepter des couvre-feux. Indulgences occasionnelles et assurance de protection, le « quoi qu’il en coûte » procurait une motivation à respecter les ordres, à obéir, et à se soumettre pour accoutumer aux privations imposées. Permissions de rouvrir certains magasins, certains services.

Concessions suivies de règles plus contraignantes. Réouverture des restaurants, mais avec une jauge puis de nouveau fermeture. Augmentation du nombre de personnes qui peuvent se réunir, puis à nouveau diminution et fermeture. Affirmer la toute-puissance des autorités par le « quoi qu’il en coûte » et en même temps laisser entrevoir la possibilité d’effondrement de l’économie mondiale tout en agitant le spectre du « conseil de défense » assorti de mesures plus ou moins contraignantes selon les moments comme une épée de Damoclès.

Création d’argent venu de nulle part. Renforcement de la dépendance via les aides. Surveillance totale via des applications numériques intrusives passant outre les lois informatiques et liberté, révisées pour la cause. Culpabilisation et mise au ban de la société les individus qui refusent de se plier à l’obligation du port du masque ou de la vaccination en leur faisant porter la responsabilité de la dégradation de la santé des autres.

Faire en sorte que des individus se positionnent sur des cercles ou des lignes marqués au sol pour les isoler. Créer des files d’attente à l’extérieur de certains lieux. Mettre en place une désinfection à l’entrée des magasins. Mettre à rude épreuve l’estime de soi en vérifiant la capitulation pour accéder à tel ou tel service en acceptant l’injection d’un produit inconnu au motif de l’« abnégation » pour un hypothétique bien collectif.

Imposer des ordres contradictoires et faire des demandes stupides, inutiles et infondées pour développer les habitudes de soumission à l’autorité. Briser le libre-arbitre et les capacités de jugement. Les membres d’une même famille doivent rester à distance les uns des autres même pour les enterrements ou les festivités traditionnelles comme les fêtes de fin d’année où les personnes les plus âgées doivent demeurer dans leur solitude.

Limitations aléatoires du nombre de personnes pouvant rester ensemble. Et quantité d’autres injonctions contradictoires. Cette longue liste de contraintes auxquelles nous avons tous, peu ou prou, été soumis est à s’y méprendre transposable aux protocoles décrits dans la Charte de Biderman : isolement, monopolisation de la perception, épuisement physique et moral, menaces, indulgences occasionnelles, démonstration de puissance, dégradation de l’individu, demandes stupides imposées.

toubiana, laurent. covid 19 – Une autre vision de l’épidémie

Selon Wikipédia, la charte de Biderman de la torture psychologique, également appelé principes de Biderman, est un tableau élaboré par le sociologue Albert Biderman en 1957 pour illustrer les méthodes de torture chinoises et coréennes sur les prisonniers de guerre américains pendant la guerre de Corée. Ce tableau répertorie huit principes généraux et chronologiques de torture qui peuvent briser psychologiquement un individu.

Parenthèse: Ce blog s’est évidemment aussi penché sur les principes et mécanismes de cette immense manipulation, mais plutôt que Biderman j’ai présenté l’hypothèse de la « formation psychotique des masses », proposée par le psychologue Mattias Desmet, que l’on peut définir comme

 …étant un processus similaire à l’hypnose où un élément concret (ici, le Covid), doublé d’un narratif omniprésent permettant de focaliser toutes les attentions sur cet élément concret, engendre au sein d’une partie conséquente de la population un effet d’hypnose de masse.

https://zerhubarbeblog.net/2022/01/06/du-covid-a-la-formation-psychotique-des-masses/

Conclusions.

Le livre se termine sur une fable où un médecin invente un traitement et des mesures outrancières afin de soigner un bouton de fesse, et une réponse sous forme de « règles du fact-checking » à un article de l’AFP du 8 février 2022, par Léa Pernelle, cherchant à dénigrer l’auteur suite à sa présentation du 30 janvier sur C-News.

Le livre fait le tour de la « crise Covid », en restant simple et accessible, et sans concessions. Toubiana ne cherche pas à répondre au « pourquoi » d’une telle profusion d’erreurs, de mensonges et de manipulation de la part de l’Etat français, son objet étant d’expliquer la réalité des faits. Pour les gens qui, comme vous et moi, cherchons plutôt à comprendre qu’à obéir, c’est un résumé factuel opposable à tout incarcérationniste, vaccinolâtre ou ségrégationniste nous assignant à complotisme et assimilés.

Un ouvrage hautement recommandable donc, et j’attends de voir s’il sera attaqué. Des personnes y sont nommées et présentées comme « propagandistes » au bénéfice de certains intérêts: Antoine Flahault, Jean-François Delfraissy, Bruno Lima notamment. Il fait passer Olivier Véran pour un con, mais c’est difficile de faire autrement.

On peut écouter Laurent Toubiana invité ici sur Sud Radio, le 26 avril 2022, pour la sortie de son livre:

Liens et sources:

(1) http://recherche.irsan.fr/

(2) https://zerhubarbeblog.net/2020/04/04/covid-19-a-la-recherche-du-taux-perdu/

A propos Vincent Verschoore

Animateur de Ze Rhubarbe Blog depuis 2008.

7 réponses

  1. El Cantor

    Par rapport aux techniques de manipulation, ne pas perdre de vue l’appui technique et argumentatif commandé à certaines universités pour appuyer la politique des gouvernements. Les populations ont du faire face à un bombardement d’arguments choisis pour faire mouche et laver les cerveaux….C’est dire la force morale de celles et ceux qui ont résisté !

      1. El Cantor

        En Belgique, cela n’a pas posé le moindre problème…Les Universités sont depuis longtemps des prestataires de notes, études et prospectives aux services des gouvernements et leurs administrations…Les mêmes qui les financent et la tentation est grande pour ces institutions d’enseignement de raconter ce que les gouvernements veulent entendre….En plus c’est en effet pas éthique du tout !

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