Cheminement d’un non vacciné improbable.

Cory Zue est un cadre supérieur américain travaillant dans la tech pour, notamment, le secteur de la santé. Il vote Démocrate, il est passé par le MIT dont sa mère fut l’une des toutes premières doctorantes en sciences de l’information, dans les années 60, fait partie de cette glorieuse bourgeoisie entrepreneuriale technophile dont 99% des membres sont bien sûr vaccinés contre le Covid. Mais pas lui, et il explique pourquoi dans une longue lettre publiée sur son site personnel (1).

Je ne vais pas ici traduire cette lettre mais en faire une petite synthèse discussion car, elle illustre le parcours de pensée et d’expérience d’une personne que tout pousse à se conformer à la norme sociale de sa classe, qui possède une éducation scientifique lui permettant de faire une recherche et une analyse rationnelle des informations disponibles (ce qui, selon la bien-pensance bourgeoise, devrait immanquablement mener à être pro-vaccin Covid), et qui est pro-vaccin en général bien que sa mère le fut nettement moins.

Ce qui différencie Cory Zue de ses homologues les plus comparables est le fait qu’il vit en Afrique du Sud, non pas aux USA ou en Europe. Il a donc vu comment les pays dits riches se sont gavés de vaccins avant que les Africains ne commencent à en bénéficier, lui-même n’étant éligible à la vaccination Covid qu’à partir de la mi-juillet 2021 (il a 39 ans), soit un bon six mois après ses homologues américains.

Un coming-out non vaccinal.

Sa lettre commence comme un coming-out, si je ne connaissais à l’avance le contexte j’aurais pu m’attendre, en la lisant, à l’annonce d’une préférence sexuelle jusque là cachée, ou une addiction quelconque, voire une illumination religieuse. Mais non, il annonce simplement qu’il n’est pas vacciné contre le Covid, et qu’il est conscient que cette « révélation » est de nature à choquer, peut-être fortement, les gens de son milieu social et professionnel.

Une fois ce difficile passage négocié, il explique son cheminement pendant les six mois entre le moment où le vaccin « sauveur du monde » est devenu socialement obligatoire pour ses amis connaissances aux USA, et le moment où il a dû faire un choix pour lui-même.

Son premier constat est que ce « vaccin sauveur » est rapidement devenu un instrument de coercition. Les obligations vaccinales se multiplient partout dans le monde, clivant les sociétés américaines européennes dans un conflit absurde et contre-productif.

Il déroule ensuite la liste des éléments qui, pour lui comme pour moi comme pour la majorité des gens opposés à la dictature sanitaire vaccinale, rendent à peu près impossible la soumission à une telle violence.

Science conscience.

Il y a d’abord l’aspect scientifique le décalage entre la propagande vaccinale « tout est sûr, ça marche super » et la réalité, qui est que l’on a absolument pas le recul nécessaire pour dire que « tout est sûr », et que le « ça marche super » est invalidé au fil du temps pour en arriver à un « bah ça empêche plus ou moins les formes graves », et rien d’autre.

Il ne se penche pas, dans sa lettre, sur la question technique de la vaccination par ARNm, mais constate que l’inefficacité des vaccins Covid en général impose, à ceux celles qui s’y soumettent, une forme de tapis roulant (treadmill) sans fin: ça ne marche, plus ou moins, qu’à force de doses de rappel tous les quelques mois, et comme il est évident que le Sars-CoV-2, sous une forme ou une autre, va devenir un virus endémique, cela signifie que ces doses seront à prendre pour toujours et ce, sous la menace de relégation sociale, de pass vaccinal, de perte de boulot, voire pire.

Il lui semble évident, et je partage ce sentiment, qu’il ne peut être question de se soumettre à une vaccination sans fin, qui n’en est donc plus une, et a fortiori avec des produits sur lesquels nous n’avons aucun recul de plus d’un an, et encore moins dans le cadre d’une vaccination des enfants (il en a deux) que seuls les imbéciles et les VRP de Big Pharma peuvent présenter comme « certifiée sans danger ». Ils n’en savent tout simplement rien.

Sur le plan éthique, la question de la protection d’autrui se pose également. Il y répond par un choix de comportement: son mode de vie le met peu en contact avec des gens fragiles, et lorsque c’est le cas il adopte les gestes barrières et le masque. Mais l’argument central est que, étant donné que le virus devient endémique, la question n’est pas de savoir si quelqu’un va l’attraper ou non, mais quand.

D’où découle le fait que la question n’est pas tant de protéger ad vitaem certaines catégories de gens de la contagion, chose impossible à moins de faire le choix d’une société immonde (celle de ceux qui veulent faire manger la bûche de Noël aux grands-parents seuls dans la cuisine) que de les soigner correctement. Ce à quoi les vaccins concourent, pour les gens effectivement à risques, mais piquer les autres ne sert à rien.

La question immunitaire.

Et puis, un jour, Cory et toute sa petite famille attrapent le Covid. Rien de bien grave, deux ou trois jours de fièvre, et tout le monde fut à nouveau sur pied mais ceci le fit plonger dans le « trou de lapin » de la discussion sur l’immunité naturelle, l’immunité acquise via l’infection, et l’immunité acquise par la vaccination.

Ce petit dessin illustre le dilemme de l’infection naturelle. Après avoir longuement étudié la question, dit-il, il se rend compte que personne n’est d’accord et qu’il n’existe pas de consensus: l’immunité naturelle ou acquise ou vaccinale est supérieure selon qui l’affirme, selon les cas, mais impossible d’en tirer une règle générale.

Dans le cas de Omicron, on sait désormais que l’immunité acquise via une infection au Delta ne vaut guère mieux qu’une double vaccination, c’est à dire pas grand chose (2). On sait que la 3ème dose offre, sans doute, une meilleure protection contre les formes graves mais reste inefficace contre la contamination et la retransmission, et que l’immunité naturelle acquise via la rhume commun n’est finalement pas si mal du fait des cellules T (3).

Il en conclut qu’avec ses anticorps, issus de l’infection, il est aussi bien protégé que par la vaccination, que c’est sans risques cachés, et que cela tient sans doute plus longtemps que la vaccination. Il en conclut également que notre système d’information marche mal, et que la réponse à une simple question – quelle est l’efficacité immunitaire comparée de l’infection et de la vaccination – renvoie à un labyrinthe d’études et d’opinions d’où il est très difficile de se dépêtrer.

Ceci le ramène aussi à l’arrogance de ceux et celles qui estiment détenir la vérité et le droit de l’imposer aux autres, qu’il illustre par ce petit graphique entre conviction et connaissance. Pour Cory Zue, le bon chemin est équidistant entre les deux. Quand on ne sait pas, pourquoi ne pas l’admettre?

Découplage entre rationalité et politique.

Courant 2021 il se rend compte que, pour ses amis et connaissances vivant aux USA, ne pas être vacciné du Covid c’est être assimilé à une espèce de secte trumpiste, anti-science et anti-vax de base. Pareil ici, malheureusement, avec une population majoritairement collée en haut à gauche du graphique ci-dessus, et considérant tout avis contraire comme un risque pour la Nation – et surtout pour elle-même, en fait.

En Afrique du Sud par contre, là où le taux de vaccination monte lentement pour arriver aujourd’hui à 30% de la population, la coexistence des vaccinés et des non vaccinés ne semble pas poser de problème. Ceci l’amène à analyser la divergence occidentale entre science, bon sens, et politique.

Sur le plan scientifique, l’efficacité vaccinale en termes de transmission et de contagion est faible, et pourtant le politique accentue sa pression pour la rendre obligatoire, avec les obligations aux USA (mandates) ou autres horreurs débiles genre pass sanitaire ou vaccinal ici.

Il voit que les gens mangent au restaurant sans masque, mais doivent le mettre pour les dix secondes de trajet vers les toilettes. Il voit que les enfants sont obligés de porter un masque toute la journée à l’école, alors qu’ils ne craignent rien du Covid, sauf rares exceptions.

Il voit que des milliers de gens sont renvoyés, perdent leur boulot du simple fait du refus de la dictature vaccinale. Il voit que la science et la politique n’ont plus grand chose à voir, et que la seule chose qui compte, finalement, est la puissance du micro. Celui qui gueule le plus fort, ou ici celui qui a la plus grosse matraque, a raison.

Face à l’absurde, le refus de principe.

Une incohérence soulignée par l’arrivée de Omicron: il est inarrêtable et peu affecté par les vaccins, donc le politique va terroriser la population pour tenter de l’arrêter et de vacciner tout le monde trois fois, quatre fois, cinq fois s’il le faut. Cory Zue ne comprend pas pourquoi le politique fait n’importe quoi, et pourquoi il va à marche forcée à l’encontre de la réalité scientifique. Moi non plus, mais étant moins politiquement correct que lui je n’hésite pas à avancer le fait de la corruption, de l’idéologie politique totalitaire et de la manipulation de masse (4).

Il se pose évidemment la question: pourquoi ne pas se faire vacciner « comme tout le monde » et retrouver les privilèges d’une forme de liberté. Le risque clinique, pour lui, ne devrait pas dépasser le risque de la elle-même, et sa vie en deviendrait plus simple. Je pourrais dire pareil, tout comme tous ces gens que je connais de près ou de loin qui sont dans la même situation, et nous partageons tous, je crois, la conclusion de Cory Zue:

Désormais je refuse la vaccination, par principe. Je le fais parce que si des gens comme moi ne s’opposent pas à ce qu’il se passe dans le monde aujourd’hui, alors les choses vont devenir plus dures et plus bizarres et plus effrayantes pour tout le monde. J’ai peur que si nous ne quittons pas rapidement ce chemin, il va devenir de plus en plus difficile de faire marche arrière. Et je ne veux pas aller voir où mène ce chemin.

https://www.coryzue.com/writing/coming-clean/

Il termine sur un appel à la cohésion: nous sommes tous dans cette situation, et il nous faut en sortir ensemble. Oh que oui, mais je crains qu’il ne faille bien plus que la seule bonne volonté face à la Bête et à sa marque (5).

Liens et sources:

(1) https://www.coryzue.com/writing/coming-clean/

(2) https://zerhubarbeblog.net/2022/01/05/omicron-au-contact-du-reel/

(3) https://medicalxpress.com/news/2022-01-cells-common-colds-cross-protect-infection.html?fbclid=IwAR1qvjvXJCJpP9tUnfllR8-vmiGZw32fH0RUzFswsmpy7v0RUExZEYGJ3LY

(4) https://zerhubarbeblog.net/2022/01/06/du-covid-a-la-formation-psychotique-des-masses/

(5) https://zerhubarbeblog.net/2021/10/28/macron-et-la-marque-de-la-bete/

A propos Vincent Verschoore

Animateur de Ze Rhubarbe Blog depuis 2008.

9 réponses

  1. Jean-Christophe Sekinger

    Merci. La clé de résolution de la très fermée et paradoxale « question immunitaire » est que les contaminations ne présentent pas, en elles-même, de danger. Ces contaminations sont des transferts horizontaux d’adn ou d’arn qui ont permis la vie, il y a 3.8 ou 4 milliards d’années, et en accompagnent l’évolution depuis (https://carlzimmer.com/ancient-viruses-are-buried-in-your-dna-2/). Ce qui se passe mal, ce sont parfois les « processus viraux » (129 virus potentiellement pathogènes sur 5000 types de virus à demeure chez l’humain — https://fr.wikipedia.org/wiki/Virus). Pourquoi chez les humains et les animaux qui sont proches d’eux? Voilà la question!

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