Surprenante innovation cycle secondaire et Bac.

Surpris du peu de réactions hier à l’annonce du ministère de l’Education, concernant le nouveau programme du collège. Ce n’est sans doute pas pour rien que ce type d’annonce arrive à la veille d’un long week-end.

Je cite:

« Dans le droit fil de l’effort de rénovation des programmes scolaires entrepris par ce gouvernement, dans l’idée que l’avenir des jeunes se tisse dès leur entrée en 6ème, nous cherchons à identifier les matières essentielles à intégrer dès l’entrée au collège.

Le constat de la nécessité de fortifier le socle de base du cursus collégien, et qui se continuera au niveau du lycée bien évidemment, nous vient d’une longue étude menée par nos experts en pédagogie, artisans du succès spectaculaire de l’Education Nationale depuis tant d’années.

Et l’une, sinon la, matière la plus efficiente à ajouter à ce socle est ce que nos experts nomment le « réferentiel transperçant concaténatoire », plus banalement connu sous le terme de couture. Pourquoi.

En Asie, le grand marché de demain pour ce qui concerne les services à haute valeur ajoutée, les classes de couture sont bondées. On y propose des cours du soir dans toutes les villes, grandes ou petites, parfois dans des endroits surprenants grâce à l’ingéniosité de l’entrepreneuriat local. Chacun sait à quel point le modèle entrepreneurial est favorisé par ce gouvernement.

Vu les nombreux débouchés, les candidatures sont nombreuses, parfois même dès la primaire ! Cette filière est nommée là-bas la « SWT-shop », prononcé « souhaite shop », acronyme de Sewing Well Together, ou en français Coudre Bien Ensemble.

Le terme « shop » rend, lui, bien compte de l’important savoir-faire technologique inhérent à cette filière, à l’instar par exemple de photo-shop en photographie. Nous souhaitons que le succès des souhaite-shop puisse être reproduit ici, d’autant que le travail de couturière est en passe de forte revalorisation grâce aux technologies de l’information, les TIS : de ces TIS sont issus les tissus modernes que tissent les tisseuses, lisseuses et fileuses pour lesquelles nous anticipons une demande croissante.

Cette matière sera notamment une opportunité pour les jeunes gens issus du patchwork de la diversité, une manière de retisser les liens sociaux. L’importance de prendre ainsi en compte les réalités sociales ancre notre volonté de proposer cette matière aux jeunes filles qui auront ainsi accès à une activité rémunératrice, sans devoir quitter l’oeil approbateur du chef de famille. Inutile de se voiler la face, toutes les données montrent que cette matière sera surtout demandée par les demoiselles, chacune rêvant sans doute de devenir la prochaine star de la toile et d’en découdre avec les grands noms de la mode.

Beaucoup de demoiselles certes, mais hors de question de laisser la couture devenir l’équivalent pour les filles de la mécanique-auto pour les garçons. Heureusement en matière de couture de nombreuses spécialités peuvent intéresser garçons et filles de toutes origines, de toutes orientations, de tous bords politiques : le point de croix des plus catholiques pourra très bien coexister avec le point en zigzag des indécis, eux-même se servant, même de manière gauche, du très conservateur point droit, voire du point final en fin d’ouvrage. En zones dites défavorisées, associée à une police de caractère garantissant une bonne alphabétisation, nul doute que cette matière accessible aidera à filer droit.

En ce qui concerne le bac, tout comme la cuisine ne mène pas nécessairement au bac à vaisselle, la couture permet de viser plus haut que le bac à linge. La couture étant à l’habillage de l’école de Jules Ferry, ce que le tressage de lauriers fut à celle de Jules César, nous pensons que le fin fil d’Ariane nous mènera tous plus loin que celui de l’épais. Afin de valoriser au mieux les participants à cette nouvelle filière du secondaire nous introduirons un bac approprié, le Brevet d’Aptitude en Couture. Les points seront additionnés au fil des travaux, avec une possibilité de repiquage en cas de trame à l’examen final. Des nombreux métiers qui seront ensuite ouverts après le BAC, celui à tisser est le plus connu, même s’il se fait souvent à la chaîne. Nous organiserons une navette entre les différentes filières tissées et d’ailleurs : du pelotage en maisons closes au travail sur l’haleine pour fabricants de dentifrice, comme le disait récemment le patron de Panzani il n’est pas de secteur de l’économie moderne qui n’ait un fil à la pâte. »

Je n’y connais rien en pédagogie mais j’ai quand même l’impression que ce ministère file un mauvais coton!

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