Covid-19: De la Guerre à l’Occupation et au Pillage.

Cela m’ennuie de le dire ainsi mais toutes ces affirmations, ces espoirs, ces gros titres, ces écrits lyriques au sujet d’un Covid-19 qui signerait la fin de l’ère du néocapitalisme sauvage (pléonasme) et l’aube d’un Temps Nouveau, qu’il soit résolument anarchiste, nationaliste, gauchiste ou écologiste, me font un peu rigoler. Désolé.

Première observation: quelle guerre?

Dans une guerre, une vraie, toute la population est mise à contribution, les traîtres fusillés, les incapables démis, l’ennemi pleinement identifié et les ordres de marche, clairs. Or que voyons-nous: un pays (et pas qu’un seul) où la population est appelée à rester chez elle, où elle est surveillée par une police qui a tout d’une force d’occupation, où elle est obligée de posséder un laissez-passer pour aller acheter du pain sous peine de subir un racket, voire pire ; où la ligne de front se situe dans des hôpitaux préalablement désarmés par leur propre Commandement central, et où l’ennemi est passé en deux semaines du stade de problème exotique à celui de tueur de la moitié de la population mondiale.

Seconde observation: l’Etat d’Urgence, encore.

L’installation de la force d’occupation ayant déblayé les rues des Gilets jaunes et autres « terroristes », le régime Macron s’est immédiatement octroyé un droit de gouvernance par ordonnance (en gros, un 49-3 à répétition avec un gros chargeur) sous couvert d’Etat d’Urgence Sanitaire lui permettant de faire précisément ce qu’il veut (1).

Certes, cette situation est censée ne durer que deux mois, mais comme nous l’avons vu avec l’Etat d’Urgence pour faire face au terrorisme islamique, ces bêtes-là trouvent plein de bonnes raisons pour prolonger leurs existences, pour ensuite disparaître en intégrant simplement le droit commun grâce aux votes de « députes » pleutres et sénateurs séniles. Comme un virus en fait, qui s’intègre à la cellule pour se reproduire.

Troisième observation: sauver l’économie.

Dans la foulée, les banques centrales se sont toutes mises au garde-à-vous, pour soutenir quoi? Précisément tout ce qui existe déjà. L’argent, qui bien sûr n’existe jamais quand on en a besoin, se met soudainement à pleuvoir pour s’assurer que ce qui ne doit pas changer ne change pas. Le Congrès US vient d’approuver un gigantesque plan financier: deux milles milliards pour compenser les effets du Covid sur l’économie américaine. La BCE débloque 750 milliards d’euros. L’INSEE parle de la perte de 3 points de PIB. Un Macron presque larmoyant, sortant d’un hôpital de campagne de Mulhouse, annonce pléthore de mesures « en faveur de ». Mais quel sera l’impact économique de 2 ou 3 mois de production fortement ralentie et des coûts qu’il faudra ensuite assumer?

Le point de vue de la chaîne Grand Angle, spécialiste de la finance:

Corona bonds et nationalisation.

Neufs pays de l’UE, France en tête suivie de l’Espagne et de sept petits pays, réclament une mise en commun des dettes nationales européennes afin de soutenir des « Corona bonds », des obligations tirées sur ce fond commun. L’Allemagne rigole. On entend aussi parler de nationalisation d’entreprises, mais il faut comprendre que cela ne se fait pas par simple décision politique: encore faut-il racheter leurs actions aux actionnaires privés, trop heureux alors que l’Etat (c’est-à-dire, le grand public) vienne les soulager d’actions dont le rendement touche le fond. Et c’est là où les liens étroits entre Macronie et Grand Capital risquent, encore une fois, d’entuber tout le monde au profit de ceux-là.

Sans parler du fait que des entreprises nationalisées, alors gérées par des technocrates généralement corrompus pantouflant de ministère en entreprise et retour, n’est en rien une garantie d’un meilleur service au pays.

La question n’est pas que tout ceci soit intrinsèquement mauvais car, en effet, vu le choc économique en cours, si les banques n’ont rien à prêter, si des sociétés importantes tombent en faillite ou se font racheter à vil prix par les Chinois, ça peut très mal se finir pour à peu près tout le monde. Néanmoins le but de ces opérations n’est en rien de changer « le système » mais, au contraire, d’en garantir la pérennité.

Impact européen?

Il est possible qu’il y ait, en Europe, des relocalisations de fabricants de certains produits essentiels, de revalorisation des systèmes de santé publique, voire d’un léger changement de ton dans le « there is no alternative » traditionnel et l’injonction à la constante adaptation aux lois du marché (2). Sans doute, ne serait-ce que par positionnement politique en vue de la suite.

Il est également possible que l’Union Européenne doivent acter sinon la sortie, du moins la distanciation (hé hé) face à la pure adhésion de façade de certains pays qui n’ont rien à y faire, telle la Pologne qui détourne du matériel médical chinois à destination des Italiens. D’autres, telle l’Italie justement, risquent de revivre une poussée brexitienne mais il faut quand même reconnaître que l’UE n’a pas de compétences en matière de santé, et que les souverainistes peuvent difficilement lui reprocher de ne pas avoir utilisé un pouvoir que, pour une fois, elle n’a pas.

Réalisme ou alarmisme?

Certes, l’alarmisme ambiant semble a priori justifié: plus de 7 500 décès en Italie, plus de 4 000 en Espagne, plus de 1 300 ici et cela va monter en flèche dans les jours qui viennent. Autant la grippe classique ne fait peur à personne malgré le fait qu’elle tue de l’ordre de 8 000 personnes par an en France (3), autant les projections en termes de décès pour le Covid paraissent nettement plus élevées et, surtout, sous la forme d’une « vague » susceptible d’anéantir le système de santé et, donc, de causer une surmortalité du fait de la simple impossibilité d’accéder aux soins nécessaires.

Cependant, comme analysé récemment ici (4), le taux de mortalité du Covid-19 est sans doute inférieur aux premières estimations autour de 2,3% (la grippe ayant un taux de mortalité de l’ordre de 0,5%). En réalité, en appliquant des mesures sérieuses de dépistage ce taux serait plus proche de 1% voire moins avec un traitement rapide, que ce soit la fameuse chloroquine, un médicament antiviral (5) ou un vaccin.

Le virologue Christian Drosten, référence en Allemagne, l’évalue dans une fourchette allant de 0,3% à 0,7%. Selon les données suisses, on est actuellement à 0,6% au lieu des 2 à 3,5% attendus -ce qui nous remet dans les statistiques de létalité habituelles des coronavirus courants.

http://jdmichel.blog.tdg.ch/archive/2020/03/12/covid-19-appel-au-calme-305001.html?fbclid=IwAR3CK9dW0q13YVoaBbNwvsga7czgIkDH3c6HBa3L01fdFbMw8OxA7gz_KNc

Etant donné que ce virus est surtout mortel pour une partie assez ciblée de la population – âgée et souffrant de troubles respiratoire et/ou maladies chroniques – il est d’autant plus facile d’isoler ces personnes que si la distribution était uniforme. Il semble donc y avoir une sur-réaction de panique, ce qui est un réel problème car, comme chacun sait, la peur est mauvaise conseillère et le directeur général de l’OMS ne dit pas autre chose:

« Notre plus grand ennemi à ce jour, ce n’est pas le virus lui-même. Ce sont les rumeurs, la peur et la stigmatisation. »

Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus

Directeur général de l’OMS

La situation est décrite ainsi par le Pr Gilbert Deray, Médecin-chef du service de néphrologie de l’Hôpital de la Pitié Salpêtrière à Paris;

« Depuis 30 ans, écrit-il, de mon observatoire hospitalier, j’ai vécu de nombreuses crises sanitaires, HIV, SRAS, MERS, résurgence de la tuberculose, bactéries multi-résistantes, nous les avons gérées dans le calme et très efficacement.
Aucune n’a donné lieu à la panique actuelle. Je n’ai jamais vécu un tel degré d’inquiétude pour une maladie infectieuse et d’ailleurs pour aucune autre.

Et pourtant, je ne suis pas inquiet quant aux conséquences médicales du coronavirus. Rien dans les chiffres actuels sur la mortalité et la diffusion du virus ne justifie la panique mondiale sanitaire et surtout économique. Les mesures prises sont adaptées et efficaces et elles permettront le contrôle de l’épidémie. C’est déjà le cas en Chine, foyer initial et de loin le plus important de cet agent infectieux, ou l’épidémie est en train de s’éteindre. »

Ajoutant à juste titre que : « La couverture médiatique sur le coronavirus est très anxiogène et elle participe à l’affolement de chacun.»

Et en conclusion:

« Je suis inquiet que ce minuscule être vivant ne fasse que dévoiler les immenses fractures et fragilités de nos sociétés. Les morts qui se compteront alors par millions seront ceux de l’affrontement des individus dans l’indifférence totale de l’intérêt collectif. « 

https://www.huffingtonpost.fr/entry/le-danger-du-coronavirus-nest-pas-celui-que-vous-croyez-blog_fr_5e6a593bc5b6747ef118c385

De ceci on peut conclure, comme on l’a déjà fait mais cela semble se confirmer un peu plus chaque jour, que nous ne faisons pas face à une catastrophe sanitaire mais à une situation aiguë qu’un pays tel la France devrait pouvoir gérer sans grande difficulté, sans crash économique, sans enfermement de sa population pour peu que des systèmes sanitaires de base soient en place: dépistage, isolement (et bien sûr traitement si c’est possible) des cas infectés, distanciation sociale afin de minimiser les risques de transmission, et matériel médical adéquat à commencer par les masques et protections.

Sauve-qui-peut!

Ce qui fait vraiment peur au régime français actuel, qui est sans doute au courant de ces informations au moins autant que nous, n’est donc pas tant le risque d’hécatombe que le risque politique du fait de son immense responsabilité dans la mauvaise prise en charge du problème.

La non-disponibilité des masques et protections pour raisons budgétaires, chose qui est à l’origine de nombreuses contagions au sein de corps soignant – réduisant d’autant sa capacité à gérer le flux de malades -, tout comme le gros retard dans sa prise de conscience de la gravité potentielle de l’épidémie, et le tout associé à la situation délétère d’un service public de santé victime d’années de « gestion » purement comptable et technocratique, vont lui coûter très cher.

Qui plus est le retard à l’allumage qui se traduit aujourd’hui par les grandes difficultés que l’on sait, et des centaines voire des milliers de morts supplémentaires, un pays à l’arrêt qui va coûter cher à des millions de gens éloignés du confort salarial, d’un confinement qui relève surtout de la « politique spectacle », comme disent les Suisses, mais qui va laisser des traces dans le psyché de nombreuses personnes qui en subissent un inconfort extrême, sont directement attribuable à un épisode politicien centré sur Agnès Buzyn.

De quoi le couple Buzyn-Lévy est-il le nom?

Agnès Buzyn était la seule, avant sa démission pour tenter de sauver LREM d’un fiasco parisien aux municipales, à avoir une certaine connaissance de la chose médicale. Elle n’a rien dit, rien fait, menti avant de lâcher le morceau, mais le mal était fait (6). Cette affaire pitoyable, déjà politiquement très onéreuse pour le régime, se double d’une suspicion de conflit d’intérêt selon lequel il y aurait un lien entre l’immobilisme de Buzyn et les intérêts de son mari Yves Lévy, un personnage au cœur de l’industrie pharmaceutique, patron de l’Inserm, un temps patron du fameux labo P4 de Wuhan, ennemi déclaré de Didier Raoult (7) et dont l’intérêt premier, sinon le seul, est de faire du fric sur le dos des malades.

Associé à la recherche sur le VIH, Yves Lévy participe donc de longue date à un immense racket sur le dos des séropositifs, et de la sécu, afin de leur vendre à vie des trithérapies à des prix faramineux, et à ne surtout pas trouver de vaccin qui tuerait la poule aux œufs d’or. Son but, aujourd’hui, est de recycler certains produits développés contre le VIH en faveur du Covid-19 (objectif premier de la fameuse étude Discovery (8)).

Ceci expliquerait également la détestation de Buzyn pour la fameuse chloroquine prônée par Didier Raoult contre le Covid-19, sa récente reclassification en qualité de produit dangereux et la polémique actuelle: la chloroquine, un produit connu et bon marché, serait un concurrent pour les onéreuses molécules de Lévy & Cie, à discréditer donc au plus vite.

Si tout ceci coagule, cela pourrait se transformer en vague politique susceptible de renverser le navire LREM et son leader. D’où une vaste opération de damage control désormais en cours: il faut « acheter » tout le corps médical avec un changement de politique à l’égard de la santé publique, il faut prétendre avoir « compris » qu’il fallait « changer » mais on sait ce que cela veut dire, et tant qu’à faire se prémunir d’une future opposition genre Gilets jaunes ++ en s’arrogeant dès maintenant un maximum de pouvoir autoritaire sur le dos du Covid.

Reste à voir combien de policiers et gendarmes tiendront encore debout, après deux mois à faire les vecteurs de contagion au nom de cette inanité de contrôle rapproché, pour protéger Macron et sa clique mafieuse d’un retour de bâton qui risque de faire mal. De là à « changer le système », pourtant, il y a une très large marge.

Changer de système?

Changer de système, c’est changer de mode de gouvernance. La solution, à en croire la ligne générale qui parcourt les réseaux sociaux, serait de remplacer les politiques incompétents par des spécialistes. En effet tout le monde encense, actuellement, le corps médical devenu une star hebdomadaire des plateaux TV. Si on les avait écoutés tout aurait été mieux, et leur parole est désormais d’Evangile. Enfin, sauf sur la question de la chloroquine, mais ceci démontre un fait incontournable: en matière de sciences du vivant les vérités vraies sont rares (9), le consensus un signe d’ignorance plutôt que de connaissance, et les intérêts spécifiques à tel ou tel corps d’experts ne sont pas nécessairement alignés sur l’intérêt général.

Dans le cas du Covid, l’intérêt des soignants est de soigner, et donc de faire appliquer toutes les politiques qui les aideraient à soigner le mieux possible. S’ils le pouvaient, ils imposerait un confinement total de toute la population afin de stopper net la progression du virus, et se donner une chance de surnager à la « vague » qui vient avec le moins de « pertes » possible. Logique.

Mais face à cela il y a d’autres logiques, et notamment une logique socio-économique qui calcule, elle, les effets de telles mesures sur l’ensemble du pays: faillites en masse, hausse des impôts pour financer les plans de sauvetage, traumatismes des populations enfermées trop longtemps dans des conditions difficiles, etc.. Le rôle du politique est, précisément, de trouver un équilibre, jamais parfait, entre ces différentes logiques. Le pouvoir ne peut donc être aux mains de spécialistes d’un secteur particulier qui, même animés de la meilleure bonne foi, ne sont pas en mesure de considérer l’intérêt général au-delà de leurs propres logiques de métier.

La technocratie, ennemi à abattre pour un monde meilleur.

Une telle spécialisation politique, on la connait: c’est Macron et son gouvernement. Toutes et tous issues du business, de la finance, du grand capital, du lobbying ils ne voient les choses qu’en fonction de leur propre culture, toute dissension devant être soit « rééduquée » soit éradiquée. Ce sont des technocrates, et la technocratie est sans doute le pire mal qui ronge l’Etat français.

D’un objectif initial de régulateur entre l’idéologie politique et la société en général, la technocratie a muté au fil du temps et a aujourd’hui pour objectif de rendre tout inextricablement compliqué, lui laissant ainsi l’accès à l’arbitraire et à l’extension infinie de ses propres privilèges. Elle sert les pilleurs de l’Etat contre généreuses rémunérations, elle détourne le principe démocratique en cherchant à imposer le principe totalitaire que l’on voit à l’oeuvre dans la Santé, dans l’Education Nationale et ailleurs.

Il me semble que le premier changement positif à exiger dans la foulée de cette crise serait la reprise de contrôle de la technocratie. Il y a des milliers de parasites, de « crétins éduqués » pour reprendre l’expression d’Emmanuel Todd, qu’il faut évincer des cercles de pouvoir. Le terme de « purge » pourrait convenir.

Comment y parvenir, je ne sais pas mais j’attends les propositions de leaders politiques assez courageux pour mettre le réel sur la table plutôt que l’éternel mythe d’un Grand Soir au lendemain désenchanté.

Liens et sources:

(1) http://www.leparisien.fr/economie/coronavirus-60-heures-hebdomadaires-conges-le-gouvernement-bouscule-le-droit-du-travail-25-03-2020-8288028.php

(2)

(3) https://www.liberation.fr/france/2020/02/28/la-grippe-saisonniere-est-elle-plus-mortelle-que-le-covid-19_1780056

(4)

(5) https://france3-regions.francetvinfo.fr/hauts-de-france/coronavirus-chercheurs-belges-annoncent-avoir-developpe-anticorps-capable-neutraliser-covid-19-1801342.html?fbclid=IwAR32daGWvGLdrLg5gR8JcqHl7qCHB5cqpOEsfgi3BiFcE65LTQC2eK2Bxic

(6) https://www.nouvelobs.com/coronavirus-de-wuhan/20200322.OBS26420/agnes-buzyn-nous-a-fait-perdre-deux-mois-decisifs.html?utm_medium=Social&utm_source=Facebook&fbclid=IwAR1aS8rvIixYaV_sIBFajFLd-H5fmZjm0Mb1BfYl8q8C8WsOHco-7x8kiyI#Echobox=1584883989

(7) https://www.marianne.net/politique/didier-raoult-et-le-milieu-medical-parisien-histoire-d-une-detestation-reciproque?fbclid=IwAR32paftDBxrEe8jzWyLT8wFM10d_ZDE59sWO1JAk1ygaLRWUjR6eeGvei4

(8) https://www.20minutes.fr/sante/2746495-20200324-coronavirus-faut-savoir-essai-clinique-contre-virus-pilote-lyon

(9)

A propos Vincent Verschoore

Animateur de Ze Rhubarbe Blog depuis 2008.

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